Dakar, 24 mars(SL-INFO) – Après des discours et des tribunes, Joseph Kabila passe maintenant aux interviews. Sa dernière prise de parole publique remontait à octobre dernier, au lendemain de sa condamnation à mort par la justice congolaise. Cette fois, l’ancien président a accordé une série d’entretiens à la presse. Le premier est paru ce lundi dans les colonnes de La Libre Belgique. Situation personnelle, Constitution, processus de paix… Joseph Kabila se montre très critique envers Félix Tshisekedi.
Hasard ou coïncidence ? Cette interview paraît le 23 mars, jour anniversaire de la signature de l’accord de paix entre le gouvernement congolais et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). C’est précisément cet accord que des ex-combattants du CNDP estimaient ne pas avoir été respecté et qui a donné son nom au M23, le Mouvement du 23 mars.
Dans cet entretien, Joseph Kabila revient sur les dialogues, les négociations qui ont, selon lui, permis au pays de ne pas imploser il y a une vingtaine d’années. Et il estime que la crise actuelle ne peut se résoudre que par le dialogue pour éviter, dit-il, ce qu’il appelle la « soudanisation » du pays.
Félix Tshisekedi, un « va-t-en-guerre », selon Joseph Kabila
Il est sévère envers les processus de paix en cours. Il critique les négociations de Doha et de Washington, et en impute la responsabilité à Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de « va-t-en-guerre ».
Sur la frappe de drone du 11 mars, qui a tué une humanitaire française et dont certains ont suggéré qu’elle le visait. Kabila dit qu’il a toujours été dans le viseur de Kinshasa. Mais il nuance : « Des enquêtes sont en cours. Mais je garde le moral. »
Pour Joseph Kabila, le problème majeur en RDC aujourd’hui, c’est la gouvernance, le manque de vision, et il va plus loin : il dit qu’il n’y a plus de Constitution. « Notre Constitution est foulée aux pieds par Félix Tshisekedi et son clan », affirme-t-il. Pour lui, la Constitution est ignorée depuis 2009. Sa position est claire : il ne faut pas toucher à cette Constitution.
Ce n’est pas, dit-il, une question personnelle, c’est une question de principe. Mais il est tout aussi clair sur ses objectifs politiques. Il ne veut pas changer la Constitution. Il veut « mettre fin au régime Tshisekedi » et changer le système. Il parle de « balayer » ce système, de changer la classe politique et il appelle à mettre fin à ce qu’il nomme une dictature.
