Dakar, 19 fév (SL-INFO) – La publication récente de correspondances internes par le département de la Justice américain met en lumière une collaboration logistique méconnue entre des services étatiques israéliens et le défunt financier Jeffrey Epstein. Ces documents attestent de la prise en charge officielle de la sécurisation d’une résidence privée située à New York, impliquant directement du personnel diplomatique.
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, les faits remontent au début de l’année 2016. Les échanges de courriels détaillent comment le gouvernement israélien a installé des dispositifs de sécurité et contrôlé l’accès à un immeuble d’appartements situé au 301 E. 66th Street à Manhattan. Cette propriété appartenait à Jeffrey Epstein et a servi de lieu de résidence à plusieurs reprises pour l’ancien Premier ministre israélien, Ehud Barak. Les documents révèlent que le dispositif de protection mis en place autour d’Ehud Barak dans cet appartement a été maintenu pendant au moins deux ans. La gestion de ce site impliquait une coordination régulière entre les représentants de la mission permanente d’Israël auprès des Nations Unies et l’équipe personnelle d’Epstein. En janvier 2016, des échanges précis ont eu lieu entre Nili Priell, l’épouse de l’ancien Premier ministre, et un collaborateur du financier américain. Les discussions portaient sur l’installation technique d’alarmes et de systèmes de surveillance, incluant six capteurs aux fenêtres et un contrôle d’accès à distance.
Dans l’un des courriels cités, Nili Priell expliquait la procédure : « Ils peuvent neutraliser le système à distance, avant même que quelqu’un n’entre dans l’appartement. Il suffit d’appeler Rafi du consulat et de l’informer de qui entre et à quelle heure, il neutralisera le système le temps nécessaire. » Le « Rafi » mentionné identifie Rafi Shlomo, qui occupait alors le poste de directeur du service de protection de la mission israélienne auprès de l’ONU.
La gestion des lieux allait au-delà de la simple installation technique. En janvier 2017, un assistant d’Epstein a transmis à Rafi Shlomo une liste du personnel nécessitant un accès à l’appartement, suggérant même la possibilité d’effectuer des vérifications d’antécédents. Un autre échange fait état d’une réunion physique entre le chef de la sécurité d’Ehud Barak et le gestionnaire de l’immeuble pour organiser les mouvements du personnel de maison.
Face à ces éléments, les principaux intéressés ont tenu à clarifier la nature de ces liens après le décès de Jeffrey Epstein en 2019. Ehud Barak a minimisé sa relation avec le financier, assurant ne jamais avoir reçu de soutien financier de sa part. De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que cette proximité logistique ne signifiait pas qu’Epstein opérait pour le compte de l’État hébreu, déclarant que cette relation « inhabituellement étroite » prouvait au contraire l’absence de lien formel de renseignement.
