Dakar, 17 fév (SL-INFO) – Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, ont débuté lundi 16 février des exercices militaires dans le stratégique détroit d’Ormuz, selon la télévision d’État iranienne, à la veille de pourparlers avec les États-Unis à Genève. L’Iran a « prudemment » salué lundi les signes d’une position américaine « plus réaliste » sur la question nucléaire à la veille des négociations à Genève.
Les cours du pétrole en hausse
Les cours du pétrole sont montés lundi après l’annonce de ces exercices militaires des Gardiens de la révolution dans le détroit d’Ormuz. Le marché craint ainsi une escalade militaire incontrôlée dans le Golfe, une région stratégique pour l’or noir, qui provoquerait une flambée des cours, tandis qu’un accord enlèverait une partie de la prime de risque qui les fait déjà gonfler.
Vers 16h50 TU (17h50 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, gagnait 1,02 % à 68,44 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mars, prenait 1,11 % à 63,59 dollars.
Le détroit d’Ormuz est particulièrement important pour les cours de l’or noir car environ 20 % de la production mondiale y transite. Des responsables iraniens ont plusieurs fois menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, notamment en temps de tensions avec les États-Unis, mais il n’a jamais été fermé.
Les États-Unis et l’Iran, ennemis depuis quatre décennies, ont repris le 6 février à Oman leurs discussions, les premières depuis une guerre en juin, déclenchée par Israël et à laquelle s’étaient brièvement joints les États-Unis pour frapper des installations nucléaires iraniennes.
L’Iran salue une position américaine « plus réaliste »
L’Iran a « prudemment » salué les signes d’une position américaine « plus réaliste » sur la question nucléaire, à la veille de nouvelles discussions avec les États-Unis, cette fois à Genève. Au vu de ces discussions, « nous pouvons prudemment conclure que la position américaine sur la question nucléaire iranienne est devenue plus réaliste », a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, cité par l’agence de presse Irna.
« Ce qui n’est pas sur la table : la soumission face aux menaces », a insisté lundi le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur X, disant être à Genève « avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable ».
Abbas Araghchi a rencontré à Genève le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, pour « des discussions techniques approfondies », selon un message publié par ce dernier sur X.
L’Iran a mis sur la table un paquet de contrats avec des compagnies américaines dans les secteurs pétrolier, gazier et minier, mais aussi l’achat d’avions commerciaux. L’Iran possède d’importantes réserves de pétrole et de gaz, qui pourraient intéresser les États-Unis. Mais on ne sait pas si ces propositions vont satisfaire le président Trump.
Sur le programme nucléaire, l’Iran est aussi prêt à des compromis, notamment une baisse du niveau d’enrichissement d’uranium et une dilution des stocks d’uranium enrichi à 60 %. En revanche, Téhéran refuse toujours toute négociation sur son programme balistique, en particulier la portée de ses missiles comme le réclament les États-Unis mais aussi Israël.
Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire.
Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son « droit inaliénable » à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l’uranium, notamment pour l’énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.

