Dakar, 23 fév (SL-INFO) – Au Sénégal, nombreuses sont les femmes enceintes qui choisissent de ne pas jeûner pendant le Ramadan. Si la grossesse n’est pas en soi une contre-indication absolue au jeûne, certaines situations médicales imposent une prudence accrue. Parmi elles, le diabète gestationnel occupe une place centrale. Le docteur Cheikh Diop, gynécologue-obstétricien, insiste sur les risques spécifiques liés à cette pathologie.
Le diabète gestationnel est un trouble de la régulation du sucre dans le sang qui apparaît pendant la grossesse. Il nécessite un suivi médical strict, une alimentation contrôlée et, dans certains cas, un traitement par insuline. « Dans cette situation, le jeûne peut déséquilibrer la glycémie et exposer la mère comme le fœtus à des complications », prévient le spécialiste.
En effet, le jeûne prolongé peut provoquer des épisodes d’hypoglycémie (baisse excessive du taux de sucre) durant la journée, mais aussi des hyperglycémies après la rupture du jeûne si l’alimentation est trop riche ou mal répartie. Ces variations brutales de la glycémie sont particulièrement dangereuses pendant la grossesse. Elles peuvent entraîner un malaise chez la mère, mais aussi affecter le développement du bébé. Le fœtus dépend directement des apports nutritifs et de l’équilibre métabolique maternel. Un diabète mal contrôlé augmente le risque de complications, notamment une croissance excessive du bébé, des difficultés à l’accouchement ou encore des troubles métaboliques à la naissance.
« Une femme atteinte de diabète gestationnel ne doit jamais décider de jeûner sans l’avis formel de son médecin », insiste le Dr Diop.
Au-delà du diabète gestationnel, d’autres pathologies comme l’hypertension artérielle ou une anémie sévère peuvent également rendre le jeûne risqué.
Mais le diabète demeure l’une des situations les plus sensibles, car il exige une régularité dans les prises alimentaires et parfois dans l’administration d’insuline, incompatible avec une longue période de privation.
Même chez une femme enceinte sans pathologie, certaines périodes de la grossesse sont plus délicates. Le premier trimestre est souvent marqué par des hypoglycémies, tandis que le troisième trimestre, à l’approche de l’accouchement, nécessite des réserves énergétiques suffisantes.
Toutefois, en l’absence de complications et avec un suivi médical adapté, le jeûne peut être envisagé au cas par cas. Les signes d’alerte restent les mêmes : vertiges, grande fatigue, malaises, sueurs ou tremblements doivent conduire à rompre immédiatement le jeûne. « La priorité absolue reste la santé de la mère et de l’enfant », rappelle le gynécologue.
Même si le Ramadan constitue un moment spirituel fort, il ne doit jamais mettre en danger l’équilibre glycémique d’une femme enceinte souffrant de diabète gestationnel. L’avis médical personnalisé est indispensable avant toute décision.
