Diourbel, 18 fév (SL-INFO) – Dans le département de Diourbel, la gestion du foncier demeure une source de tensions persistante, cristallisant les inquiétudes autour des zones de culture et des parcelles d’habitation. Pour désamorcer ces conflits et préparer l’avenir, un atelier de renforcement des capacités s’est tenu les 16 et 17 février, réunissant les acteurs de la société civile autour d’un dispositif de contrôle spécifique.

Cette initiative, rapportée par notre confrère Sud Quotidien, s’inscrit dans le cadre du Projet Cadastre et Sécurisation foncière (Procasef). L’objectif affiché est double : outiller la société civile sur la gouvernance foncière et, surtout, présenter les mécanismes techniques qui permettront aux collectivités de maintenir la sécurisation des terres une fois l’accompagnement du projet terminé.

Au cœur des échanges figure un outil technique précis : le Mosef (Manuel opérationnel de sécurisation foncière). Selon Ousseynou Demba, conseiller spécialiste du Procasef dans le bassin arachidier, ce manuel ne se limite pas à une simple notice d’utilisation. Il constitue la mémoire et le mode d’emploi de l’enregistrement systématique des terres.

Le Mosef retrace l’intégralité du processus, de la formalisation des droits à l’attribution des Nicad (Numéro d’Identification Cadastrale), en passant par la conduite des enquêtes socio-foncières. Sa vocation est d’assurer la continuité du service public. « Le Mosef est un dispositif qui permet aux communes, une fois que le projet n’est plus là, d’avoir un outil pour faire l’enregistrement systématique et continuer à élaborer le lancement individuel », précise M. Demba.

Vers une autonomie des communes

L’enjeu dépasse la simple formation technique : il s’agit de transférer une compétence durable aux collectivités locales. Le dispositif présenté doit permettre aux mairies de gérer de manière autonome les procédures spéciales, notamment l’affectation et la désaffectation des sols, ainsi que la mise en place de droits collectifs pour les personnes physiques ou morales.

Sur le terrain, l’impact de ces mécanismes commence à se faire sentir. Amy Diouf, superviseure et animatrice du CONGAD à Ngohe, note une amélioration tangible du climat social. « Il y a moins de problèmes avec le mécanisme de gestion des plaintes », observe-t-elle, justifiant ainsi la nécessité de renforcer la maîtrise de ces outils par la société civile pour garantir un contrôle citoyen efficace sur le long terme.

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