Dakar, 24 mars(SL-INFO) – Nouveau maire de Paris, le candidat d’union de la gauche est à la tête d’une grande famille recomposée. Et si tout semble aujourd’hui lui sourire, son parcours personnel reste marqué par plusieurs drames familiaux.

Emmanuel Grégoire célèbre sa victoire. Ce dimanche, à l’issue du second tour des élections municipales, l’héritier politique d’Anne Hidalgo est devenu le nouveau maire de Paris, battant sa concurrente Rachida Dati. Le soir même, il s’est offert une balade à vélo dans les rues de la capitale jusqu’à l’Hôtel de Ville, où il a prononcé ces mots : «J’ai hâte de m’occuper de cette ville magnifique». Mais si l’on connaît son parcours politique — il fut notamment chef de cabinet de Bertrand Delanoë avant de rejoindre les équipes de l’ancienne maire de la Ville Lumière — les ressorts de sa vie privée restent plus discrets.

Le 22 février dernier, il s’est toutefois livré lors d’une interview dans l’émission de Sam Zirah diffusée sur YouTube. Interrogé sur son couple et sa famille, Emmanuel Grégoire, 48 ans, a dévoilé quelques détails de son quotidien familial. «On a cinq enfants», a-t-il déclaré, évoquant «une grande tribu avec des âges très différents puisque le grand a 20 ans, ma fille 16 ans, puis mes fils 14, 12 et 9 ans». Séparé de la mère de son premier enfant, Emmanuel Grégoire en a eu deux autres avec celle qui partage aujourd’hui sa vie. Cette dernière était également mère de deux enfants, nés d’une précédente union. Une tribu recomposée qui le comble de bonheur : «Ils s’entendent merveilleusement bien, avec les joies et les défis qui sont ceux des familles qui se réorganisent», a-t-il continué. Par ailleurs, il a souligné ne faire aucune différence entre les enfants issus de son premier mariage et ceux de sa compagne : «Mon sujet, c’est d’être un père tout court, d’être là».

Le suicide d’un frère

Mais derrière ces confidences sur sa vie de père, l’entretien a aussi laissé place à des révélations plus douloureuses. Ainsi, le nouveau maire de Paris s’est également confié sur un drame familial survenu l’année dernière, qui a profondément bouleversé sa campagne municipale : la mort de son frère. «On était très proches», a-t-il confié. Avant de révéler : «C’était un drame familial terrible puisqu’il s’est donné la mort. C’est irréel.» Et de poursuivre : «On éprouve, moi particulièrement, une grande culpabilité. Mille fois, on m’a dit que je ne devais pas m’en vouloir. Mais si. On s’en veut parce qu’il n’est plus là. C’est difficile de tenir la main de quelqu’un pendant très, très longtemps. On a été plusieurs à le faire. D’autres l’ont fait plus que moi, mes sœurs notamment.» Ce choc, néanmoins, a resserré les liens avec ses proches, dit-il : «On s’est épaulés les uns les autres (…) Les drames, dans la vie, on en connaît tous et toutes, mais ils n’ont pas tous la même portée symbolique. Évidemment, là, c’était particulièrement dur, mais on avance et on se dit qu’on s’aime.»

Dans un portrait de France Inter en novembre dernier, Emmanuel Grégoire s’était défini lui-même comme un «gentil» et un «empathique» aimant les gens. Insomniaque et grand travailleur, résumaient nos confrères, il assurait sortir souvent le vendredi soir pour aller applaudir des comédies musicales, sa passion, mais admettait préférer surtout les «vendredis en famille», devant une pizza et un dessin animé.

«Cette histoire est celle d’un enfant en CM1»

Ce drame récent n’est pas la seule épreuve qui a marqué sa vie. Bien avant cela, l’enfance d’Emmanuel Grégoire avait déjà été traversée par des blessures profondes. De sa jeunesse passée en Seine-Saint-Denis, puis en Charente-Maritime, l’élu a gardé des cicatrices. Toujours pour France Inter, Emmanuel Grégoire a confié avoir subi des abus sexuels durant son enfance. «Cette histoire, c’est celle d’un enfant qui, en CM1, a subi des violences sexuelles pendant plusieurs mois, dans le cadre d’activités périscolaires dans une piscine municipale, et sans qu’à l’époque, j’aie trouvé ni la force, ni les moyens, ni les mots de dire cette douleur et cette souffrance. Je l’ai tue pendant des dizaines d’années. Je porte cette cicatrice, je le sais, comme beaucoup de personnes qui ont gardé le silence. Et je me dis que si je gardais le silence, alors ça n’aurait servi à rien.»

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