Dakar, 11 fév (SL-INFO) – Lors de la présentation de son ouvrage « Le système sénégalais d’enregistrement des faits d’état civil : entre situation et recommandations », samedi dernier à Saint-Louis, le président du tribunal d’instance, Cheikh Sèye, a dressé un diagnostic critique du secteur. Dans des propos relayés par Le Soleil, il identifie trois défis vitaux : l’accessibilité des services, la formation des agents et la sécurisation des actes.
Le magistrat plaide pour une dématérialisation maîtrisée afin de soulager les usagers, tout en lançant une mise en garde formelle : « Numériser des actes erronés ou fictifs n’a aucun sens ». Pour lui, la technologie ne doit pas masquer les failles humaines. Il insiste ainsi sur l’urgence de former les agents, dont les erreurs de réglementation causent des préjudices majeurs aux citoyens, et réclame un renforcement de l’archivage et du contrôle juridictionnel.
Vers la fin des audiences foraines ?
S’il reconnaît l’utilité actuelle des audiences foraines pour les zones reculées, Cheikh Sèye décèle une faille . « Il est difficile de sécuriser totalement les audiences foraines, car on dépend de témoignages dont on ne peut pas toujours mesurer la sincérité », explique-t-il. Pour garantir un système robuste, il préconise, à terme, leur suppression progressive.
Face à l’urgence, le magistrat appelle à l’organisation d’États généraux de l’état civil. Selon lui, seule une réforme globale et concertée permettra de garantir des actes fiables, socles indispensables à l’exercice des droits fondamentaux au Sénégal.
