Dakar, 26 Jan (SL-INFO) – La tension monte d’un cran aux États-Unis autour des opérations menées par les services de l’immigration et des douanes (ICE) dans l’État du Minnesota. Alors que la ville de Minneapolis a été le théâtre de deux interventions fatales en l’espace de quelques semaines, l’ancien président Bill Clinton est sorti de sa réserve pour contester frontalement le récit présenté par l’actuelle administration.
Dans une déclaration écrite relayée par l’agence Anadolu, l’ancien chef de l’État a qualifié les événements survenus à Minneapolis de « scènes horribles » qu’il n’aurait « jamais pensé voir aux États-Unis ». Bill Clinton accuse explicitement les responsables de l’administration de Donald Trump d’avoir « menti » au public concernant les circonstances ayant conduit à la mort de deux personnes lors de ces opérations fédérales. Selon l’ex-président démocrate, des forces fédérales masquées auraient extrait des citoyens, y compris des enfants, de leurs domiciles et lieux de travail. Il dénonce également l’arrestation et l’usage de la force contre des témoins exerçant leurs droits constitutionnels pour documenter ces interventions. « Pire encore, les responsables nous ont menti à chaque occasion, nous disant de ne pas croire ce que nous voyions de nos propres yeux », a-t-il martelé, pointant du doigt l’entrave aux enquêtes locales.
Au cœur de cette sortie médiatique se trouvent deux incidents distincts mais rapprochés. Le 7 janvier dernier, Renee Nicole Macklin Good, une Américaine de 37 ans, a été abattue par des agents de l’ICE. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait alors justifié ce tir en affirmant que la victime avait « tenté de percuter les agents avec son véhicule » lors d’une opération ciblant l’immigration illégale. Le second drame, survenu le 24 janvier lors de manifestations à Minneapolis, concerne la mort d’Alex Jeffrey Pretti. Identifié par l’American Federation of Government Employees (AFGE) comme un infirmier membre de leur syndicat, cet homme a été tué alors que les équipes de l’ICE tentaient de procéder à une arrestation. Contrairement à la rhétorique sécuritaire habituelle, le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a apporté des précisions contredisant l’idée d’une menace criminelle immédiate. Il a indiqué que la victime, un citoyen américain blanc de 37 ans, « possédait légalement son arme et disposait d’un permis de port », ajoutant qu’aucun antécédent judiciaire ne lui était connu.
Face à ces éléments, Bill Clinton a jugé ces pertes humaines « inacceptables » et évitables, appelant les citoyens américains à « reprendre possession de la démocratie ».
