Dakar, 18 mars(SL-INFO) – La flambée des prix mondiaux de l’énergie, exacerbée par les perturbations dans le détroit d’Ormuz, pousse les États européens à revoir leur politique d’approvisionnement. Dans ce contexte tendu, le gouvernement italien a clarifié sa position concernant d’éventuels achats d’hydrocarbures russes, privilégiant une réorganisation complète de ses partenariats stratégiques.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a catégoriquement écarté l’idée de se tourner vers Moscou pour pallier la crise actuelle. S’exprimant sur la chaîne Mediaset, et cité par l’agence de presse italienne ANSA, il a qualifié une telle démarche d’« inutile ». Pour les autorités italiennes, la difficulté ne réside pas dans la disponibilité physique du brut, mais dans l’envolée des cours. « Le problème est le prix du pétrole, pas l’endroit où le trouver », a-t-il précisé, soulignant que la Russie s’alignerait de toute façon sur les tarifs élevés imposés par le marché mondial

Pour compenser le déficit potentiel lié au blocage du détroit d’Ormuz, Rome a activé un plan de diversification via sa compagnie énergétique nationale, Eni. Notre rédaction constate que cette stratégie s’articule autour de trois nouveaux axes géographiques. L’Italie s’appuie désormais sur le Venezuela, sur plusieurs pays africains, ainsi que sur des partenaires asiatiques, à l’image de l’Indonésie, pour sécuriser ses importations.

Le ministre a toutefois tenu à relativiser l’exposition de la péninsule et du continent européen à cette fermeture maritime spécifique. Le pétrole transitant par Ormuz ne représente qu’environ 5 % des besoins italiens. L’inquiétude majeure de Rome se porte en réalité sur le gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar, qui couvre 20 % de sa consommation énergétique nationale.

Cette réorganisation intervient dans un climat géopolitique particulièrement volatil au Moyen-Orient. Depuis l’offensive conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier – ayant entraîné la mort d’environ 1 300 personnes, dont le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei –, les tensions ont franchi un seuil critique. En représailles, Téhéran a multiplié les frappes de drones et de missiles dans la région, tandis que le Corps des gardiens de la révolution islamique a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz à la plupart des navires. Avant ce blocage, près de 20 millions de barils y transitaient quotidiennement, une paralysie qui maintient aujourd’hui le cours du Brent au-dessus de la barre des 100 dollars le baril.

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