Dakar, 29 Jan(SL-INFO) – C’est une découverte qui ravive les souvenirs d’une des plus sombres pages environnementales de l’Hexagone. Alors que des oiseaux mazoutés ont été repérés récemment sur les plages du sud Finistère, les interrogations se sont rapidement portées sur l’origine de cette pollution soudaine. Pour élucider ce mystère, des échantillons ont été confiés aux laboratoires spécialisés de Brest. Les conclusions des experts, relayées par nos confrères de l’agence Anadolu, pointent vers la résurgence d’un sinistre maritime survenu il y a plus d’un quart de siècle.

L’alerte a été donnée après la découverte d’une quinzaine d’oiseaux souillés par des hydrocarbures. Face à cette situation anormale, sept échantillons de plumes ont été transmis au Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre). L’objectif était clair : déterminer si ce fioul provenait d’un dégazage récent ou d’une source plus ancienne. Les analyses menées par le Cedre ont livré un verdict scientifique précis. Selon Nicolas Tamic, directeur adjoint du centre, les hydrocarbures prélevés présentent de « fortes similitudes » avec le fioul lourd transporté par l’Erika. Ce pétrolier, affrété par Total, avait fait naufrage le 12 décembre 1999, déversant 30 000 tonnes de cargaison et provoquant une marée noire majeure sur les côtes bretonnes.
L’identification repose sur la signature moléculaire du produit. « Chaque type de pétrole possède une sorte d’ADN unique, et celui-ci est presque entièrement identifiable », précise l’expert, bien qu’une certitude absolue soit scientifiquement impossible à garantir à 100 %. Ces résultats confirment toutefois que la pollution de 1999 continue de marquer l’écosystème local.

**L’hypothèse d’une perturbation des fonds marins**

La question technique qui se pose désormais est celle du mécanisme de remontée de ce polluant, vingt-six ans après les faits. Le fioul repose par 120 mètres de fond, une profondeur où les mouvements de surface ont peu d’impact. Nicolas Tamic écarte l’hypothèse des tempêtes hivernales pour expliquer ce phénomène.

L’explication la plus plausible, selon les spécialistes, réside dans l’activité humaine. Un engin de pêche travaillant en profondeur aurait pu perturber les sédiments ou l’épave elle-même, libérant des poches de fioul enfouies depuis deux décennies. Cet événement rappelle la persistance des polluants dans les sédiments marins et la capacité des hydrocarbures à refaire surface longtemps après la catastrophe initiale, soulignant la complexité de la gestion à long terme des marées noires.

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