Diourbel, 18 fév (SL-INFO) – Un rassemblement s’est tenu devant le Tribunal administratif de Paris pour apporter un soutien visible à Majdouline B. Cette infirmière de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP) se trouve au cœur d’un conflit juridique et symbolique après avoir été écartée de ses fonctions pour une durée de huit mois. Au centre du dossier : l’interprétation donnée par sa direction à un accessoire pourtant courant dans le milieu hospitalier.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la sanction fait suite au port d’un calot médical couvrant les cheveux de la soignante. Si cet équipement est techniquement conçu pour des raisons d’hygiène, la direction de l’hôpital l’a qualifié d’atteinte au principe de neutralité, l’assimilant à une manifestation religieuse. Une lecture fermement contestée par les manifestants et les soutiens de l’infirmière, qui dénoncent une discrimination ciblant spécifiquement les femmes perçues comme musulmanes.

La sévérité de la mesure disciplinaire interroge les représentants du personnel. Blandine Chauvel, élue du syndicat Sud Santé, a qualifié cette décision de « véritable scandale ». D’après elle, une exclusion de huit mois est habituellement réservée « aux cas les plus graves ». Elle a également fait état de pressions et de menaces visant d’autres soignantes utilisant des couvre-chefs similaires.

La députée Sandrine Rousseau, présente lors du rassemblement, a livré une réaction tranchée à Anadolu. L’élue a évoqué l’impression d’une « chasse aux musulmanes », jugeant « inadmissible » que l’administration hospitalière se focalise sur un couvre-chef professionnel dans un contexte où l’hôpital public traverse une crise de moyens et de personnel.

**Bataille juridique sur la définition de la neutralité**

Le fond du dossier repose sur la qualification juridique du calot. Hélène Cavat, maîtresse de conférences en droit du travail, a précisé à Anadolu qu’aucune manifestation religieuse ne permettait ici de caractériser un manquement à la laïcité. Elle critique l’argumentaire de l’AP-HP, qu’elle décrit comme une « présomption » basée sur une confession supposée plutôt que sur des faits objectifs. Les soutiens de l’infirmière soulignent que le port de ce calot, même en dehors des soins directs, ne saurait être interprété comme un signe ostentatoire.

Cette affaire intervient dans un climat tendu concernant la perception de l’islamophobie en France. Une enquête de l’Observatoire des discriminations envers les musulmans de France, publiée en 2025, indique que 66 % des musulmans déclarent avoir subi du racisme au cours des cinq dernières années. De son côté, le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) a recensé 1 037 actes islamophobes en 2024, marquant une hausse de 25 % par rapport à l’année précédente.

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