Dakar, 12 fév (SL-INFO) – Dans un contexte législatif souvent marqué par les clivages partisans, l’Hémicycle français a été le théâtre, ce jeudi, d’une configuration politique singulière. Alors que l’exécutif plaidait pour le maintien du cadre légal actuel, les députés ont choisi de valider, sans la moindre voix contre, une proposition de loi modifiant considérablement le périmètre de sécurité autour des acteurs de la lutte contre le trafic de stupéfiants.
Le texte, adopté en première lecture avec 123 voix pour et aucune opposition, marque une rupture avec la doctrine défendue par le ministère de l’Intérieur. Si les groupes de la coalition gouvernementale et la droite ont choisi l’abstention, ils n’ont pas bloqué cette initiative portée par les Écologistes, qui vise à combler un vide sécuritaire pour une catégorie précise de citoyens. Selon les informations rapportées par notre source Anadolu, la nouvelle législation étend le mécanisme de protection — jusqu’ici réservé aux victimes, témoins et repentis dans un cadre judiciaire strict — à des personnes extérieures aux procédures légales. Il s’agit spécifiquement des citoyens, militants ou lanceurs d’alerte, exposés à des représailles directes en raison de leur engagement contre les réseaux de narcotrafic.
Les dispositions votées permettent désormais aux services de police et de gendarmerie de déclencher des mesures concrètes pour ces profils civils. L’arsenal de protection comprend l’inscription sur une liste d’appel prioritaire, la dotation d’un téléphone « grave danger », la mise en place d’une protection rapprochée ou, pour les situations les plus critiques, l’attribution d’une identité d’emprunt. Un « service national » pourra être saisi si la menace est jugée suffisamment sérieuse. ette avancée législative s’est faite contre l’avis explicite du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé ses réserves, arguant que l’État assure déjà la sécurité des personnes menacées via les dispositifs administratifs existants. Pour le représentant de l’exécutif, la multiplication des statuts comporte un risque d’affaiblissement de l’efficacité globale du système de protection.
La dimension humaine de ce dossier a été soulignée par la présence en tribune d’Ouassila Benhamdi Kessaci. Son fils, Mehdi, a été tué en novembre dans des circonstances que les autorités lient à des représailles contre l’engagement anti-drogue de son frère, Amine Kessaci. Ce dernier avait dû être exfiltré d’un meeting politique à Aix-en-Provence suite à une alerte de sécurité, illustrant la réalité des menaces qui pèsent sur ces voix citoyennes.
