Dakar, 16 fév (SL-INFO) – C’est un retour législatif sous haute tension qui s’opère ce lundi 16 février au Palais Bourbon. Après un rejet catégorique par le Sénat fin janvier, les députés français reprennent la main sur un dossier érigé en priorité absolue du second quinquennat d’Emmanuel Macron. L’hémicycle doit trancher une question éthique majeure, au cœur d’un processus parlementaire qui oppose deux visions de la société.
La navette parlementaire reprend ses droits dès 21h30 pour une deuxième lecture qui s’annonce décisive. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la discussion générale va se concentrer sur deux volets distincts mais indissociables : le renforcement des soins palliatifs et, surtout, l’instauration d’un cadre légal pour la fin de vie.
Le point de bascule de ce texte réside dans la création d’un « droit à l’aide à mourir ». Concrètement, le dispositif prévoit d’autoriser un patient souffrant d’une maladie grave et incurable à s’administrer une substance létale. Le législateur a toutefois prévu une exception procédurale importante : si le patient se trouve dans l’incapacité physique d’effectuer le geste lui-même, l’administration du produit pourra être assurée par un médecin ou un infirmier.
Un calendrier politique accéléré
L’exécutif français ne cache pas sa volonté d’aboutir rapidement. Un vote solennel est d’ores et déjà programmé pour le 24 février. Sauf surprise arithmétique, le texte devrait être adopté par l’Assemblée nationale, où il avait déjà reçu un large soutien en mai dernier, avant que la dissolution et l’instabilité politique ne viennent suspendre les travaux.
Pour Emmanuel Macron, l’enjeu dépasse le simple cadre sanitaire. Ce projet constitue la réforme sociétale la plus significative en France depuis l’ouverture du mariage aux couples de même sexe en 2012. En cas d’adoption définitive, Paris s’alignerait sur les législations en vigueur chez plusieurs de ses voisins, notamment la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse, qui disposent déjà de cadres réglementaires pour l’euthanasie ou le suicide assisté.
Le débat reste cependant vif entre les partisans d’une autonomie absolue du patient et les opposants qui redoutent des dérives éthiques, plaidant pour une priorité exclusive aux soins palliatifs.
