Saint-Louis, 12 Fév (SL-INFO) – Les divers voyages du président français Emmanuel Macron sur le continent africain, ainsi que ses multiples initiatives telles que le sommet Afrique-France à Montpellier, n’ont pas permis de masquer l’échec de sa politique envers l’Afrique. Le temps où des personnalités comme Jacques Foccart et Robert Bourgi ordonnaient la Françafrique semble révolu. Emmanuel Macron avait lui-même annoncé en 2017 qu’il n’y avait plus de politique africaine de la France lors de son déplacement à Ouagadougou. Cela marquait un changement de paradigme où la France écoutait désormais les discours venant des anciennes colonies.

Les pays africains comme le Niger, le Mali, la Centrafrique et le Burkina Faso ont exigé de Paris de retirer ses troupes de leurs territoires. L’armée française a également quitté le Tchad, et des discussions similaires sont en cours pour le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Un rapport du Sénat français, publié fin janvier et intitulé ‘Voir l’Afrique dans tous ses états’, critique fortement la politique africaine de Macron. Selon ce rapport, la France a subi une rupture politique spectaculaire avec plusieurs capitales africaines, accompagnée de nombreuses maladresses.

Le rapport souligne une ‘dégradation générale’ de l’image de la France en Afrique. L’arrivée d’un président jeune, comme Emmanuel Macron, aurait pu offrir une nouvelle perspective, mais des perceptions d’arrogance ont continué de dominer. Le rapport cite l’exemple du sommet Afrique-France de Montpellier, qui a exclu les chefs d’État africains au profit de personnalités de la société civile, ce qui a été perçu comme arrogant.

Les sénateurs notent également la politique des visas français jugée restrictive, impactant négativement les relations avec des pays comme le Maroc. Des mesures de réduction des forces françaises en Afrique ont été décidées sans concertation, aggravant les relations bilatérales. En 2024, le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont exprimé leur volonté de voir les forces françaises quitter leurs pays respectifs. Le Tchad a suivi cette voie en renforçant ses liens avec la Russie et les Émirats arabes unis.

La diversification des partenaires africains, notamment vers la Russie, la Chine et les pays du Moyen-Orient, reflète une volonté de s’extraire de relations exclusives avec la France. Cette diversification met en évidence une compétition accrue et une dépendance vis-à-vis de ces nouvelles puissances. Le rapport souligne également cette tendance comme un facteur de déclin de l’influence française en Afrique.

Face à ces défis, la France conserve toutefois des atouts, notamment à travers la francophonie et des structures comme l’Alliance française. Selon le rapport sénatorial, ces outils restent essentiels pour maintenir une influence culturelle. Le texte, trouvé sur le site de nos confrères de l’Anadolu, permet de constater la perte de position de la France sur la scène internationale face à l’émergence de nouvelles puissances.

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