Dakar, 31 mars(SL-INFO) – La question de la souveraineté militaire refait surface à Paris. Une élue de l’Assemblée nationale vient d’alerter sur l’opacité entourant le financement de plusieurs infrastructures stratégiques dédiées à la production militaire, soulevant des inquiétudes sur l’indépendance de l’industrie de l’armement.
Selon les informations de l’agence Anadolu, la députée française Aurélie Trouvé a dénoncé un « potentiel scandale » lié à la propriété d’usines de fabrication d’obus en France. Dans une vidéo diffusée sur le réseau social X, elle affirme que ces installations pourraient être sous l’influence d’investisseurs étrangers, pointant particulièrement vers le fonds Alpha Blue Ocean.
L’élue précise que plusieurs sites industriels opérés par l’entreprise Europlasma sont directement concernés, nommant Valdunes, la Fonderie de Bretagne et les Forges de Tarbes. D’après les éléments qu’elle a rendus publics, ces infrastructures impliquées dans la production d’obus auraient fait l’objet d’un contrôle des investissements étrangers, ce qui indique une détention partielle ou une influence extérieure sur leur gouvernance.
Afin d’étayer ses déclarations, Aurélie Trouvé s’est rendue au ministère de l’Économie, à Bercy, pour consulter les documents relatifs au dossier Europlasma. Elle y décrit une société « en difficulté », une fragilité financière qui, selon elle, accentue la vulnérabilité de ces sites face à des prises de contrôle externes. Pour la parlementaire, la conséquence est directe : la défense nationale française n’est « pas du tout souveraine » si des acteurs étrangers dirigent des maillons essentiels de sa production d’armement.
Face à ces éléments, la députée réclame l’ouverture d’investigations approfondies. Elle demande formellement l’audition de Laurent Collet-Billon, ancien responsable du secteur de l’armement devenu membre du conseil d’administration d’Europlasma, afin d’éclaircir le rôle exact qu’il a pu jouer dans l’évolution stratégique et capitalistique de ces usines.
