Dakar , 20 fév (SL-INFO) La Commune de Gandon, située dans la région de Saint-Louis au Sénégal, a accueilli, Du 10 au 13 février 2026, une cinquième session de formation spécifique pour mieux préparer la relève qui devra être assurée par ladite Commune à la fin du Projet. L’objectif de la session était de renforcer les capacités de la Commune pour lui permettre de prendre efficacement en main et de manière autonome et durable la gestion des infrastructures héritées du Projet de Relèvement d’Urgence et de Résilience à Saint-Louis (SERRP).
Un projet ambitieux face aux défis climatiques
Mis en œuvre par le Gouvernement du Sénégal avec l’appui de la Banque mondiale et exécuté par l’ADM, le SERRP répond aux conséquences dramatiques des aléas climatiques de 2017 et 2018 qui ont frappé la région de Saint-Louis. Le projet vise à reloger environ 15 000 personnes sinistrées de la Langue de Barbarie sur le site de Diougop, dans la Commune de Gandon. Pour ce faire, 436 logements modernes ont été construits, accompagnés d’infrastructures sociales et économiques essentielles, notamment un poste de santé, un marché, une zone d’activités économiques et de développement (ZAED) à Ndiawdoune, ainsi que des réseaux de voirie et de drainage. De plus, des projets socio-économiques participatifs sont également développés en rapport et au bénéfice des populations déplacées afin de renforcer leur résilience économique et restaurer leurs moyens de subsistance.

Au-delà du déplacement et du relogement des populations de la Langue de Barbarie et dans le cadre du renforcement de la résilience territoriale, le projet procédera à la requalification de la bande de recul stratégique de 20m libérée afin de sécuriser durablement le littoral face à l’érosion côtière.
De bénéficiaire à gestionnaire : un changement de statut crucial
La session de formation qui s’ouvre représente un moment charnière pour la Commune de Gandon. Il ne s’agit plus simplement d’être bénéficiaire des infrastructures construites, mais de devenir pleinement responsable de leur gestion quotidienne et de leur pérennité avec une forte dimension communautaire.
Si la quatrième session de formation, tenue en septembre 2025, avait permis de dresser l’inventaire complet des infrastructures et équipements collectifs et d’évaluer l’état du navire, la présente session consiste à transmettre officiellement les commandes, en s’assurant que l’équipage possède tous les outils nécessaires pour naviguer de manière autonome vers la destination.
Les acquis de la session précédente
La quatrième session de formation portant sur la stratégie de gouvernance et de gestion des infrastructures et équipements municipaux réalisés par le projet SERRP avait marqué une étape cruciale en permettant l’inventaire et la catégorisation complète des actifs intégrés au patrimoine communal. Elle avait également permis de faire un diagnostic sans concession des Services Techniques Municipaux (STM), constatant un fonctionnement minimal dû à un sous-effectif et à un manque de ressources logistiques. Les participants avaient également amorcé l’élaboration d’une « boîte à outils » de gestion, entretien et maintenance (GEM), incluant les premières fiches de recensement et d’évaluation des besoins techniques.
Cependant, toutes les thématiques nécessaires au transfert définitif n’avaient pu être épuisées. La présente session a donc permis de finaliser ce processus de manière opérationnelle, en transformant les acquis théoriques en outils de gestion concrets.
Trois modules pour une appropriation complète
La formation s’est articulée autour de trois modules complémentaires, chacun répondant à un enjeu spécifique.
. la consolidation technique et l’élaboration d’un Schéma de Gestion Patrimoniale Consolidé (SGPC) ;
. le cadre juridique et contractuel du transfert tels que le protocole de transfert entre l’Agence
. Développement Municipal (ADM) et la Commune de Gandon. ou encore des contrats ou convention pour la gestion de la ZAED des marchés et autres équipements collectifs ;
. la stratégie de gouvernance post-projet, les interactions entre les différentes instances de suivi et l’élaboration d’une feuille de route globale.
Des enjeux multiples pour la commune
M. Pierre COLY Directeur du renforcement des capacités à l’ADM a rappelé dans son mot de bienvenu, que les défis auxquels doivent faire face la Commune de Gandon sont de nature diverse et appellent à un changement radical de paradigme de la part de la Commune qui devra désormais se doter de toutes les capacités humaines et matérielles pour la gestion du leg du SERRP. Sur le plan de la gouvernance locale, les élus communaux doivent ainsi désormais assumer un rôle central dans la reconnaissance formelle des ouvrages comme éléments du patrimoine communal, définir des modalités de gestion et d’exploitation, mettre en place les instances de gouvernance et de participation communautaire.
L’enjeu juridique et financier n’est pas moins important. Le nouveau régime financier des collectivités territoriales impose une inscription rigoureuse des réalisations dans l’inventaire et la comptabilité patrimoniale, une clarification des responsabilités entre l’ordonnateur, le comptable et les services techniques, ainsi qu’une anticipation des charges récurrentes.
Enfin, sur le plan technique et opérationnel, l’absence de services techniques communaux fonctionnels et outillés, bien qu’il y ait un début de structuration encourageant, représente un risque majeur de dégradation rapide des infrastructures, pouvant compromettre l’efficacité des investissements réalisés et la résilience territoriale recherchée par le projet.
Face à tous ces défis de transformation, l’ADM s’est engagée à accompagner la Commune de Gandon à travers ces sessions de renforcement des capacités, un appui conseil et la mise en place d’une assistance technique par la mise à disposition d’un consultant chargé d’assurer un coaching rapproché.
Une responsabilité élargie pour la commune
Au-delà de l’entretien technique des infrastructures, la Commune de Gandon se voit confier des responsabilités accrues en matière d’animation économique et sociale. Elle doit garantir la police des sites pour prévenir tout comportement susceptible d’accélérer la dégradation des équipements et du cadre de vie à Diougop. Cette dimension de surveillance et d’animation s’avère essentielle pour assurer la viabilité à long terme du projet.
La commune doit également mobiliser des ressources durables à travers les redevances des équipements marchands réalisés par le Projet (marché, mini-marché, boutiques, restaurants, pharmacie, etc.), la contribution économique locale (CEL) provenant des PIC et PROSE et diverses taxes pour couvrir les charges récurrentes liées à la GEM. L’objectif stratégique est clair : atteindre une autonomie financière permettant d’assurer la maintenance préventive et corrective des investissements du SERRP à Diougop via un modèle économique viable et stable, sans dépendre systématiquement de financements extérieurs.
Vers une autonomisation réussie
Avec la clôture prévue du projet SERRP en juin 2026, la fenêtre d’opportunité pour accompagner cette transition est limitée. La session de formation a donc revêtu un caractère d’urgence opérationnelle. Il s’agit de doter la commune de tous les instruments nécessaires avant le retrait de l’ADM, afin d’éviter tout vide institutionnel ou dégradation rapide des infrastructures.
Les résultats attendus sont ambitieux mais essentiels. À l’issue de la formation, la Commune de Gandon devait (i) disposer d’un schéma de gestion patrimoniale consolidé, (ii) prendre connaissance des instruments contractuels spécifiques, (iii) avoir validé le cadre juridique du transfert et (iv) être en mesure de mettre en œuvre une stratégie de gouvernance horizontale et territoriale efficace.
Cette session a réuni l’autorité administrative, les élus et agents de la Commune de Gandon, des représentants de la Commune de Saint-Louis, ainsi que les équipes de l’Agence Régionale de Développement (ARD) et de l’ADM. Ensemble, ils travaillent à faire de Gandon un modèle de gestion communale responsable et durable, capable de transformer un héritage de projet en service public territorial de qualité pour les 15 000 personnes relogées et l’ensemble de la population communale
