Dakar , 28 jan(SL-INFO) – Alors que l’attention diplomatique se focalise sur la restitution des dépouilles de captifs et la réouverture partielle du point de passage avec l’Égypte, une réalité bien différente prend forme sur le terrain. Loin des annonces officielles de reconstruction, des manœuvres militaires d’envergure suggèrent une réorganisation durable de la présence israélienne dans le sud de l’enclave. Selon une enquête menée par notre source Al Jazeera, s’appuyant sur l’analyse d’images satellites et des déclarations d’officiels israéliens, des travaux de terrassement massifs sont en cours à Rafah. Ces opérations ne visent pas une aide humanitaire classique, mais l’établissement d’une infrastructure de contrôle sophistiquée. Un complexe de surveillance biométrique confirmé par l’armée

Les images satellites, capturées entre le 2 décembre et lundi dernier, révèlent le nivellement systématique d’une zone d’environ 1,3 kilomètre carré dans l’ouest de Rafah. Contrairement aux opérations de déblaiement de débris, ces travaux impliquent l’aplatissement de terrains entiers, situés à proximité immédiate de deux postes militaires israéliens.

La finalité de ce chantier a été précisée par le général israélien à la retraite Amir Avivi, qui conseille toujours l’armée. S’exprimant auprès de l’agence Reuters, il décrit le projet comme un « grand camp organisé » destiné à installer une présence militaire sur le long terme. Ce dispositif sera équipé de technologies de pointe, notamment de systèmes de reconnaissance faciale et de vérification d’identité, permettant de traquer chaque Palestinien entrant ou sortant de la zone.

La crainte d’un système de « tri humain »

Pour les analystes palestiniens, cette infrastructure s’apparente moins à un refuge qu’à un piège. Wissam Afifa, analyste politique basé à Gaza, qualifie ce projet de « mécanisme de tri humain ». Selon lui, l’objectif est d’instaurer un filtrage racial et de dissuader les retours vers le nord de l’enclave par la peur de l’interrogatoire et de l’arrestation.

La réouverture du passage de Rafah, évoquée par le Jerusalem Post pour ce jeudi, reste conditionnée à un « contrôle sécuritaire » strict exigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ce dernier a d’ailleurs réaffirmé devant la Knesset que la phase actuelle visait la démilitarisation plutôt que la reconstruction, signalant que l’occupation militaire n’a pas de date de fin définie.

Une emprise militaire étendue

Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de contrôle territorial. Israël maintient désormais une présence militaire physique sur 58 % de la bande de Gaza, incluant une zone tampon autoproclamée. Selon les estimations locales, près de 70 % du territoire se trouve sous gestion militaire directe, transformant la géographie de l’enclave en une série de zones compartimentées et surveillées.

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