Dakar, 26 mars(SL-INFO) – Le Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Cn-Itie) a procédé à l’analyse des résultats de la validation du Sénégal, évalué à l’aune de la Norme Itie 2023. Si le score global conforte le positionnement international du pays dans la gestion de ses ressources naturelles, l’examen détaillé du rapport met en lumière un contraste marqué entre les performances institutionnelles et l’effectivité de certains mécanismes de redistribution.

Selon les informations rapportées par le journal Le Quotidien, le Conseil d’administration de l’Itie internationale a attribué au Sénégal une note globale de 89/100. Cette moyenne s’appuie sur des évaluations sectorielles particulièrement élevées : 92,5/100 pour la composante « résultat et impact », 87,5/100 pour « l’engagement des parties prenantes » et 81/100 concernant la transparence. Thaddée Adiouma Seck, Secrétaire permanent du Cn-Itie, indique que cette performance confirme la pertinence de la norme au Sénégal et maintient le leadership mondial du pays sur ces critères d’inclusivité.

Toutefois, la décomposition des notes révèle des lacunes structurelles qui freinent l’impact réel de cette gouvernance. Les évaluations chutent drastiquement concernant les transferts internationaux, où le Sénégal n’obtient que 50/100. Le dysfonctionnement le plus critique identifié concerne le fonds de péréquation. Thaddée Adiouma Seck précise que malgré l’existence d’arrêtés de redistribution et d’un dispositif juridique instauré depuis plus d’une décennie, les transferts financiers vers les populations ne sont pas effectifs. Dans la pratique, un seul et unique transfert a été opéré en 2020. Le Secrétaire permanent qualifie cette inertie de défi majeur pour la gouvernance sénégalaise.

Face à ce bilan, Niania Diassé, présidente de la commission communication du groupe multipartite, souligne que ces résultats, bien que satisfaisants sur le plan technique, constituent un point de départ nécessitant une exigence accrue. Elle rappelle l’impératif de traduire ces avancées en bénéfices concrets pour les citoyens, en s’appuyant sur le principe constitutionnel stipulant que les ressources naturelles appartiennent au peuple.

Pour le président du Cn-Itie, Thialy Faye, les recommandations issues de cette évaluation fournissent une feuille de route claire d’ici 2030. L’objectif fixé par le comité est désormais de transformer ces directives en actions mesurables afin de corriger les faiblesses liées à la redistribution tout en consolidant les acquis en matière de transparence.

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