Dakar, 31 mars(SL-INFO) – Le mot d’ordre de grève nationale de 72 heures, décrété par la Fédération des Syndicats nationaux du transport routier, a mis à l’arrêt le secteur dans plusieurs localités du pays. À Kaolack et dans les départements environnants, le mouvement entamé lundi s’est traduit par une paralysie quasi totale de la circulation des véhicules de transport en commun.

Dès six heures du matin, les différentes gares routières de Kaolack ont affiché un visage inhabituel. Les pistes et hangars de stationnement se sont vidés de leurs occupants. Aucun véhicule de transport interurbain ni taxi urbain n’était visible dans ces espaces publics. Conséquence directe de cette absence, les artères de la ville, habituellement saturées aux heures de pointe, ont présenté une circulation particulièrement fluide.

Pour s’assurer du respect strict de la consigne, les grévistes ont déployé un dispositif de contrôle rigoureux sur le terrain. Des équipes de surveillance ont été positionnées au niveau des quatre sorties de la ville avec pour instruction d’interdire tout départ. Ce maillage est soutenu par des brigades mobiles qui sillonnent les ruelles et les lieux stratégiques afin de repérer et d’immobiliser les véhicules d’éventuels récalcitrants. Le mouvement a été suivi avec la même rigueur dans d’autres gares routières, notamment à Nioro, Guinguinéo, Kaffrine, Fatick, Mbirkelane et Ndoffane.

Face à cette situation, les usagers éprouvent d’énormes difficultés pour se déplacer. Pour vaquer à leurs occupations, les populations sont contraintes de se tourner vers des solutions alternatives. Le recours aux charrettes, aux motos-taxis « Jakarta » ou encore aux véhicules de transport parallèle, communément appelés « War Gaïndé », est devenu indispensable pour rallier les différents quartiers ou voyager d’une ville à l’autre à l’intérieur du pays.

Le président national des chauffeurs et transporteurs, Dame Lô, a exprimé sa satisfaction quant à la solidarité observée au sein de la profession en ce début de grève. S’il n’exclut pas d’ouvrir des discussions avec les autorités, le responsable syndical a défini le cadre de ces futurs échanges. Tel que relayé par Sud Quotidien, la fédération met sur la table trois priorités majeures : la levée de l’arrêté interdisant le transport interurbain à partir de minuit, la fin de l’exclusivité accordée à Dakar pour les opérations de visite technique d’une certaine catégorie de véhicules, et la lutte contre la concurrence jugée déloyale exercée par des véhicules privés non réglementés.

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