Dakar, 19 fév (SL-INFO) – Depuis le début de l’offensive en octobre 2023, l’attention internationale s’est principalement focalisée sur le bilan humain dramatique, dépassant les 72 000 morts selon les chiffres officiels. Cependant, une autre réalité, celle-ci financière, commence à émerger avec précision. Au-delà des pertes humaines et des destructions matérielles, l’économie israélienne fait face à une saignée budgétaire sans précédent, documentée par des données bancaires et militaires internes.
Selon les informations relayées par notre source Al Jazeera, la Banque d’Israël a désormais chiffré le coût total de la guerre, révélant des montants qui pèsent lourdement sur les finances de l’État hébreu.
Une facture globale qui dépasse l’entendement
Les chiffres avancés par la Banque centrale d’Israël donnent le vertige. Le coût économique global du conflit est estimé à environ 352 milliards de shekels, soit près de 113 milliards de dollars (plus de 68 000 milliards de FCFA). Ce montant colossal ne concerne pas uniquement l’achat d’armes.
Dans le détail, les coûts directs de défense absorbent la majorité du budget avec 243 milliards de shekels (78 milliards de dollars). Mais la guerre impacte également les finances civiles : 33 milliards de shekels ont été alloués aux fonds de compensation pour les taxes foncières, et 57 milliards de shekels couvrent diverses dépenses civiles. À cela s’ajoutent 19 milliards de shekels uniquement pour le paiement des intérêts de la dette contractée.
Le coût exorbitant d’une journée de guerre
C’est l’indicateur le plus immédiat de l’intensité du conflit : combien coûte une seule journée d’opérations ? Gil Pinchas, ancien conseiller économique principal de l’armée israélienne, a livré une estimation précise pour le début de l’année 2025.
Selon ses calculs, le coût moyen pour Israël s’élève à 300 millions de shekels par jour, soit environ 96,8 millions de dollars quotidiens. D’autres estimations, citées par le Wall Street Journal, suggèrent que lors des pics de tensions, notamment face à l’Iran, ce chiffre peut grimper jusqu’à 200 millions de dollars par jour. Cette dépense couvre tout, du carburant aux rations de combat, en passant par les munitions de haute technologie.
Chaque interception de missile pèse également sur la balance. Les missiles utilisés pour contrer les roquettes iraniennes coûtent entre 700 000 et 4 millions de dollars l’unité. Même des opérations spécifiques, comme l’attaque des appareils de communication (bipeurs) du Hezbollah en septembre 2024, représentent des investissements massifs : environ un milliard de shekels (323 millions de dollars) pour cette seule opération.
### Le poids du soutien américain et la crise de la main-d’œuvre
L’économie israélienne n’est pas seule à supporter ce fardeau. Le contribuable américain joue un rôle central dans le financement de ces opérations. Selon un rapport de l’Université Brown, les États-Unis ont fourni 21,7 milliards de dollars d’aide militaire à Israël depuis octobre 2023. En ajoutant les coûts des opérations américaines connexes dans la région (Yémen, protection maritime), l’investissement total de Washington se situe entre 31 et 33 milliards de dollars.
Sur le plan interne, la mobilisation des réservistes constitue une autre hémorragie financière. Avec plus de 300 000 réservistes déployés la première année, la perte de productivité est estimée par la Banque d’Israël à 38 000 shekels (12 300 dollars) par mois et par soldat. Le Trésor israélien évalue à 70 milliards de shekels le coût total lié aux forces de réserve.
Alors que les Nations Unies estiment déjà à 70 milliards de dollars le coût nécessaire pour la reconstruction de Gaza, dévastée par les bombardements, les projections pour l’économie israélienne restent sombres. Le quotidien Haaretz suggère que sur la prochaine décennie, la facture totale de la guerre pourrait atteindre 500 milliards de shekels (161 milliards de dollars).
