Dakar , 02 avril (SL-INFO) – Le parlement israélien a récemment entériné un texte législatif qui instaure un traitement judiciaire différencié. Cette décision a immédiatement déclenché une réaction diplomatique concertée de la part de plusieurs nations à majorité musulmane, inquiètes des répercussions sur les populations palestiniennes.

Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, un bloc de huit pays a publié jeudi, depuis Islamabad, une déclaration commune condamnant fermement la nouvelle loi israélienne. Le texte, adopté lundi par la Knesset, prévoit d’imposer la peine de mort aux Palestiniens reconnus coupables d’attaques meurtrières, sans appliquer cette même sentence aux Israéliens juifs condamnés pour des faits similaires. Les signataires — le Pakistan, la Turquie, l’Égypte, l’Indonésie, la Jordanie, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis — dénoncent des pratiques discriminatoires qui, selon eux, consolident un système d’apartheid.

L’adoption de cette loi marque une victoire politique majeure pour l’extrême droite israélienne. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, en avait fait l’une des conditions préalables à l’accord de coalition entre son parti, Otzma Yehudit, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Outre la question de la peine capitale, la déclaration conjointe exprime une profonde inquiétude concernant les conditions de détention des prisonniers palestiniens. Les huit diplomaties alertent sur des abus continus, incluant des actes de torture, des traitements dégradants et des privations de nourriture, s’inscrivant dans un schéma plus large de violations des droits fondamentaux. Ces pays ont également mis en garde contre les mesures israéliennes risquant d’exacerber davantage les tensions sur le terrain.

Sur la scène internationale, la mesure a été critiquée par les Nations Unies et l’Union européenne. À l’inverse, les États-Unis ont soutenu la démarche en invoquant le droit souverain d’Israël à définir ses propres lois.

Depuis sa création, l’État d’Israël n’a appliqué la peine de mort qu’à deux reprises. Des analystes soulignent qu’au regard du droit international, la Knesset ne devrait pas légiférer sur la Cisjordanie, un territoire occupé depuis 1967, malgré les volontés d’annexion affichées par l’actuelle coalition gouvernementale en marge de la guerre en cours à Gaza.

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