Dakar , 30 Jan(SL-INFO) – Le tribunal de Crotone, ville portuaire du sud de l’Italie, a entamé ce vendredi une procédure judiciaire particulièrement attendue concernant le naufrage tragique survenu en février 2023. Sur le banc des accusés ne figurent pas des passeurs, mais bien quatre policiers et deux membres des garde-côtes italiens, appelés à répondre de la gestion des opérations de secours lors de cette nuit fatidique. Une tragédie aux lourdes conséquences humaines

Les faits remontent au 26 février 2023. L’embarcation « Summer Love », partie de Turquie, s’était brisée contre des rochers au large de Cutro, en Calabre. À son bord se trouvaient des ressortissants d’Afghanistan, d’Iran, du Pakistan et de Syrie. Le bilan officiel fait état d’au moins 94 morts, dont 35 enfants. Les autorités estiment que d’autres passagers ont péri sans que leurs corps ne soient jamais retrouvés. La nature précise des accusations

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les six prévenus doivent répondre de chefs d’accusation lourds : homicide involontaire et naufrage coupable. Le cœur du dossier repose sur une défaillance présumée dans la chaîne de communication et d’intervention.

Le parquet accuse spécifiquement les forces de police de n’avoir pas transmis des informations cruciales aux garde-côtes. Ces derniers, faute de détails précis, n’auraient pas évalué correctement l’urgence absolue de la situation alors que le navire luttait contre une mer agitée.

Le rôle déterminant de l’alerte Frontex

L’enquête met en exergue un élément chronologique central : un avion de l’agence européenne Frontex avait repéré le navire en difficulté et alerté les autorités italiennes bien avant le drame. Si la Guardia di Finanza a effectivement dépêché une vedette sur zone, celle-ci a fait demi-tour en raison des mauvaises conditions météorologiques.

Pour les parties civiles, constituées notamment d’ONG de sauvetage en mer comme SOS Humanity, ce procès dépasse les responsabilités individuelles. Serena Chiodo, spécialiste des campagnes sur la migration pour Amnesty Italie, estime que cette audience est l’occasion de mettre en lumière des « défaillances systémiques » et des décisions qui auraient contribué à cette perte massive de vies humaines.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) rappelle que la Méditerranée centrale demeure le corridor migratoire le plus meurtrier au monde, avec au moins 1 340 décès enregistrés en 2025.

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