Dakar, 12 fév (SL-INFO) – Le comédien qui compte parmi les personnalités préférées des Français vient au secours de la marque Petit Béret, entreprise en difficulté dans un secteur pourtant en pleine croissance.

L’acteur Omar Sy entre au capital de la marque Le Petit Béret, une des entreprises pionnières du vin sans alcool, créée en 2015. Un soutien stratégique pour cette société fondée et dirigée par l’Héraultais Fathi Benni, qui ambitionne, grâce à l’apport du comédien, d’installer en Occitanie un centre d’excellence dédié aux boissons sans alcool, ainsi qu’un site d’embouteillage. Consommateur de boissons sans alcool, Omar Sy revendique cet investissement comme un choix raisonné auprès du Figaro. «Tout ce qui permet de réunir, de rassembler et de faire tomber les barrières me parle profondément. J’aime les expériences où chacun peut partager le même moment, de la même manière, sans distinction ni exclusion. C’est dans cet esprit que je consomme des boissons sans alcool et que j’ai plaisir à en être acteur», explique le comédien.

Convaincu que «les tendances de consommation évoluent de manière structurelle car les boissons sans alcool affichent une croissance forte depuis quelques années», celui qui se classe parmi les personnalités préférées des Français estime que ce segment n’est «globalement plus un marché confidentiel». Techniquement, Le Petit Béret développe des boissons issues de la vigne sans passer par la fermentation alcoolique. Contrairement aux procédés consistant à retirer l’alcool après fermentation, l’entreprise travaille donc les arômes en amont : «Nous travaillons le raisin comme du vin. Je travaille sur l’acidité et pas sur le sucre. C’est ce qui nous différencie du jus de fruit.» «Quand il n’y a pas d’alcool, le sujet devient celui de la conservation. Notre approche R&D évite des intrants chimiques dans nos boissons. Elle propose un produit situé sur un marché intermédiaire entre la viticulture et l’agroalimentaire», explique le dirigeant, ancien cadre de Mondelez (Milka, Côte d’Or…). Ainsi, Le Petit Béret revendique une offre destinée «à une catégorie de consommateurs qui ne boit pas d’alcool, mais qui reste en recherche d’un profil aromatique proche de ce qu’a l’habitude de boire un amateur de vin».

Si l’équilibre gustatif se trouve au goût des dirigeants et du public qu’il a trouvé jusqu’ici, Le Petit Béret a toutefois du mal à trouver son équilibre économique… La société n’a jamais été rentable. Elle cumule 4 millions d’euros de pertes sur les quatre derniers exercices publiés (et un chiffre d’affaires annuel d’environ 2,3 millions d’euros). Elle est en redressement judiciaire depuis novembre. «Nous serons à l’équilibre en 2026», promet toutefois Fathi Benni qui ne souhaite pas communiquer sur la participation financière d’Omar Sy. Seule donnée disponible, l’entreprise affirme avoir levé 6 millions d’euros depuis sa création. Elle n’a officiellement communiqué que sur le montant d’1,5 million jusqu’en 2022. Pour parvenir à sortir de l’ornière, la gamme s’est élargie avec des bières sans alcool et des «spiritueux 0%», dont «un gin avec zéro alcool et zéro sucre».

À ce jour, 60 % du chiffre d’affaires provient de produits issus de la viticulture, mais la stratégie s’oriente aussi vers les spiritueux. L’export représente déjà 40 à 45 % des ventes, avec une grande diversité de destinations. Cette phase de développement a un prix qui vaudrait aujourd’hui cette situation financière à l’entreprise. «Nous avons investi en R&D et ça a un coût. Le passage à l’échelle industrielle et le déploiement international font perdre de l’argent. Il n’y a pas de surprise ici. Il fallait en passer par cette phase d’amorçage», souligne Fathi Benni.

L’arrivée d’Omar Sy, désormais deuxième actionnaire, en ce début d’année 2026 marque un tournant. «Omar est un soutien clef dans notre phase de développement son implication va nous permettre de changer d’échelle de la start-up à la marque dimension internationale», insiste le fondateur. En attendant, l’entreprise va rapidement se pencher sur la création d’un Non Alcoholic Excellence Center (NAEC) en Occitanie. Il sera dédié à la R&D du Petit Béret mais également ouvert à d’autres marques. Le site, dont la ville d’implantation est en discussion, pourrait voir le jour d’ici 18 mois. Le montant de l’investissement demeure, là encore, confidentiel.

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