Dakar,30 mars(SL-INFO) – En prélude au Gamou du 4 avril, le marabout Abdou Faty Niang, petit-fils de El Hadji Malick Sy, a profité d’une journée de nettoiement à Thiocé Ouest pour tirer la sonnette d’alarme sur les dérives qui touchent une partie de la jeunesse. Entre quête de gains faciles, influence sociale et perte de repères, le marabout appelle à un encadrement renforcé et à un retour aux valeurs religieuses pour préserver la cohésion sociale.
À Thiocé Ouest, la mosquée Sané, communément appelée Djakay Sané, a servi de cadre à cette journée de nettoiement. Mobilisant de nombreux habitants du quartier, l’activité visait à assainir l’environnement immédiat de la mosquée, mais également à transmettre un message fort autour des valeurs islamiques. Selon le marabout, la propreté constitue une exigence religieuse fondamentale, en référence aux enseignements du prophète Mohammed.
« La propreté est une vertu islamique. C’est un enseignement que nous voulons inculquer à la jeunesse », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de l’engagement communautaire dans la préparation de cet événement religieux majeur.
Au-delà du nettoiement, la rencontre a été mise à profit pour sensibiliser les jeunes sur plusieurs enjeux sociaux. Il invite la jeunesse à éviter certaines dérives telles que la consommation de drogue, la migration irrégulière ou encore la quête effrénée de gains faciles et de célébrité. Ils estiment que ces facteurs exposent les jeunes à des comportements à risque.
« Nous sommes des musulmans, et certaines choses, même dans les autres religions, ne sont pas acceptées. La religion chrétienne, comme islamique, bannissent totalement l’homosexualité. Nous lançons aux jeunes un message afin de leur dire d’éviter l’appât du gain facile. Parce que c’est l’appât du gain facile, qui mène souvent les jeunes à ces dérives. Sinon, c’est la recherche de la célébrité, c’est des privilèges qu’ils peuvent avoir par rapport à ces actes-là, et rien de tout cela ne peut justifier certains actes contre-nature, ou homosexuels », invite-t-il.
Dans cette dynamique, il a insisté sur le rôle central de l’éducation religieuse comme rempart contre ces dérives, appelant à un retour aux valeurs morales et spirituelles. Il a également évoqué la nécessité d’un encadrement plus strict de certains comportements jugés contraires aux valeurs religieuses. Ainsi, il lance un appel aux autorités pour un durcissement des sanctions à l’encontre des auteurs d’actes considérés comme déviants, tout en précisant que leur position s’appuie sur les principes religieux.
« Dieu a exterminé une communauté entière pour des actes homosexuels et actes contre-nature. Et nous, notre communauté ne veut pas en aller jusque-là. Donc, tout ce que nous souhaitons auprès des autorités, c’est de mettre les bouchées doubles, de traquer tous ceux qui sont impliqués dans ces affaires-là, mais également de leur faire encourir les peines les plus sévères. Nous pensons que, la seule éducation qui peut amener les jeunes à rester dignes, à ne pas s’embarquer dans les pirogues de Barça ou Barçax, à ne pas entrer dans les histoires d’homosexualité, dans la drogue, dans l’agression, c’est l’éducation islamique, c’est la religion », dit le marabout.
Toutefois, il rappelle que leur mission première demeure l’éducation, la prévention et l’accompagnement des jeunes afin de préserver la cohésion sociale.
D’ailleurs dans le quartier Thiocé Ouest, des séances régulières d’apprentissage du Coran sont organisées sous la supervision d’imams locaux, notamment Moulaye Kébé, El Hadji Malick Niang et Mahmoud Sy. Ces initiatives visent à renforcer les bases religieuses des jeunes et à les maintenir sur le droit chemin, selon le marabout.
Prévu le 4 avril, jour de la fête de l’indépendance du Sénégal, le Gamou annuel constitue également, pour les organisateurs, une manière alternative de célébrer cet événement national.
« Là où certains optent pour les défilés ou les retraites aux flambeaux, nous avons choisi de célébrer à travers la religion », ont-ils affirmé, mettant en avant le rôle de la spiritualité dans la société sénégalaise.
