Dakar,05 jav(SL-INFO)– Lors de l’émission Objection du 4 janvier 2026 sur Sud FM, Mamadou Diouf, historien et professeur à Columbia University, s’est exprimé sur les défis politiques et constitutionnels du Sénégal, en particulier à l’aube d’éventuelles réformes. Réconciliation ou justice, le dilemme sénégalais, selon l’enseignant-analyste.
« On peut payer pour la faute et être réintégré et être inscrit dans le système », a déclaré le professeur, soulignant la complexité du choix entre justice et réconciliation nationale. Selon lui, la réconciliation est souvent une solution politique visant à éviter des fractures profondes, à l’instar de ce qui a été observé en Afrique du Sud ou au Rwanda après leurs crises. « Il y avait des partisans de la réconciliation, comme Mandela, mais aussi ceux qui préféraient la solution juridique, qui considéraient qu’il fallait juger les fautifs, quel que soit le contexte politique », explique Mamadou Diouf.
Pour le Sénégal, la situation est différente. Il ne s’agit pas de génocide, mais de détournements de fonds publics et de manœuvres politiques ayant marqué l’histoire récente du pays. Pour certains, punir les responsables est nécessaire pour clore un cycle et restaurer la confiance dans les institutions. « La fin du régime de Macky Sall a très clairement montré les traumatismes les plus forts de la société sénégalaise », conclut le professeur, rappelant que la réconciliation et la justice restent des équilibres délicats à maintenir dans le contexte sénégalais actuel.
