Dakar, 09 mars (SL-INFO) – La carte mondiale du commerce des équipements militaires connaît une reconfiguration majeure, particulièrement marquée sur le continent asiatique. Les dernières données compilées sur les flux d’armement révèlent un changement de paradigme autour de Pékin, dont la nouvelle stratégie industrielle redessine les équilibres sécuritaires de toute la région.

Selon le récent rapport du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), relayé par l’agence Anadolu, les importations d’armes de la Chine ont chuté de 72 % au cours de la période 2021-2025 par rapport aux cinq années précédentes. Cette baisse s’explique par une transition stratégique : Pékin remplace désormais massivement ses achats à l’étranger par des technologies développées par sa propre industrie de défense. Conséquence directe de cette autonomie croissante, la Chine quitte le top 10 des plus grands importateurs mondiaux d’armes pour la première fois depuis la période 1991-1995.

Cependant, ce retrait partiel du marché des importations contraste avec la dynamique globale de la région. L’Asie et l’Océanie ont absorbé 31 % des importations mondiales d’armes sur cette même période, se classant juste derrière l’Europe (33 %). D’après les éléments analysés par notre rédaction, plusieurs voisins de Pékin ont considérablement augmenté leurs acquisitions. En Asie de l’Est, le Japon a enregistré une hausse de 76 % de ses importations, tandis que celles de Taïwan ont bondi de 54 %.

Siemon Wezeman, chercheur principal au programme sur les transferts d’armes du SIPRI, indique que les inquiétudes liées aux intentions de la Chine et au développement de ses capacités militaires continuent de stimuler la demande dans ces zones, qui restent fortement dépendantes des fournisseurs étrangers.

Cette logique se vérifie également en Asie du Sud. L’Inde se maintient au deuxième rang mondial des importateurs, s’approvisionnant à 40 % auprès de la Russie, malgré une légère baisse globale de 4 % de ses achats. Un volume qui, selon le chercheur du SIPRI, est largement motivé par la menace perçue de la Chine, mais aussi par les tensions historiques avec le Pakistan. De son côté, Islamabad a vu ses importations grimper de 66 %, avec une dépendance accrue à l’égard de Pékin qui lui fournit désormais 80 % de son arsenal, contre 73 % auparavant. Ces équipements importés ont d’ailleurs été déployés lors des affrontements de quatre jours survenus en mai dernier entre les deux puissances nucléaires.

À l’échelle de la région Asie-Océanie, les États-Unis conservent leur position de premier fournisseur d’armes avec 35 % des parts de marché, devançant la Russie (17 %) et la Chine (14 %), qui confirme son statut de puissance exportatrice de premier plan.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *