Dakar, 17 fév (SL-INFO) – Depuis la démission de Jack Lang, la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) était au cœur des spéculations diplomatiques à Paris. La vacance du poste, survenue dans un contexte de controverse, appelait une nomination rapide pour assurer la continuité de cette institution stratégique. Ce mardi, le ministère français des Affaires étrangères a mis fin à l’attente en désignant officiellement le profil appelé à reprendre les rênes, un choix qui marquerait un tournant dans la gouvernance de l’établissement.

Le ministre Jean-Noël Barrot a proposé le nom d’Anne-Claire Legendre pour présider le conseil d’administration de l’IMA. Dans un communiqué, le chef de la diplomatie française a justifié ce choix en soulignant que l’intéressée « dispose de l’expérience, des qualités et de la vision stratégique nécessaires pour assumer ces responsabilités éminentes ». Cette proposition, si elle est validée, introduirait une rupture historique : Anne-Claire Legendre deviendrait la première femme à présider le conseil d’administration de l’institution depuis sa fondation en 1980. Jusqu’ici, ce poste avait toujours été occupé par des hommes. Le choix d’Anne-Claire Legendre intervient après le départ précipité de Jack Lang. L’ancien ministre de la Culture a été poussé vers la sortie suite à des révélations concernant ses liens avec l’affaire Jeffrey Epstein. Pour lui succéder, Paris semble avoir privilégié une expertise diplomatique avérée plutôt qu’un profil purement politique.

Actuellement conseillère du président de la République française pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, Mme Legendre est une diplomate de carrière et arabophone confirmée. Son parcours inclut notamment un poste d’ambassadrice de France au Koweït et celui de porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (Quai d’Orsay).

**Une validation attendue sans heurts**

La nomination doit encore être entérinée par le conseil d’administration de l’IMA. Cet organe est composé de quatorze membres : sept représentants de la France et sept représentants des pays de la Ligue arabe. Selon des sources concordantes citées par l’agence Anadolu, cette étape ne devrait être qu’une formalité, la candidature ne rencontrant aucun obstacle majeur.

D’autres personnalités avaient été évoquées pour ce poste, notamment la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, ou encore Sabrina Agresti-Roubache. C’est finalement la conseillère de l’Élysée qui a été retenue pour piloter cet instrument central du dialogue culturel entre la France et le monde arabe.

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