Dakar, 11 fév (SL-INFO) – C’est une nouvelle étape dans la levée du secret entourant l’affaire Jeffrey Epstein. À Washington, la Chambre des représentants a été le théâtre d’une révélation majeure concernant la gestion des archives judiciaires par le département de la Justice. Alors que des millions de pages ont été rendues publiques suite à l’adoption de la loi sur la transparence des dossiers Epstein, certaines identités restaient masquées par des bandes noires, suscitant des interrogations sur les critères de confidentialité appliqués par les autorités fédérales.
Le représentant démocrate Ro Khanna, après avoir consulté les versions non censurées des documents en compagnie de son collègue républicain Thomas Massie, a décidé de briser ce sceau de confidentialité. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’élu a publiquement identifié six hommes dont les noms avaient été soustraits à la vue du public, estimant que ces dissimulations ne répondaient à aucun impératif légal de protection des victimes. Au cœur de ces révélations figure Leslie Wexner, milliardaire américain et ancien propriétaire de la célèbre marque Victoria’s Secret. L’examen des dossiers a permis de mettre en lumière un document interne de la division des enquêtes criminelles du FBI, daté du 15 août 2019. Ce rapport qualifie explicitement l’homme d’affaires de « co-conspirateur » de Jeffrey Epstein. Si aucune charge criminelle n’a jamais été retenue contre lui, cette qualification par les services fédéraux, jusque-là caviardée, apporte un éclairage nouveau sur la perception qu’avaient les enquêteurs de ses liens avec le financier déchu.
Une autre figure d’envergure internationale apparaît dans cette liste : Sultan Ahmed bin Sulayem. Président-directeur général du géant de la logistique DP World, l’une des personnalités les plus influentes de Dubaï, il entretenait une correspondance régulière avec Epstein. Les documents révèlent des échanges s’étalant sur plusieurs années, mêlant discussions d’affaires et commentaires privés. La levée de la censure a notamment permis d’attribuer à son adresse email une réponse adressée à Epstein : « J’ai adoré la vidéo de torture ». Outre ces deux profils de haut rang, Ro Khanna a cité quatre autres noms : Salvatore Nuara, Zurab Mikeladze, Leonic Leonov et Nicola Caputo. Ces identités, moins connues du grand public, figuraient également sous les bandes noires appliquées par le département de la Justice. L’élu californien a dénoncé ce qu’il considère comme une « farce », s’interrogeant sur la nécessité pour des membres du Congrès d’intervenir physiquement au siège du ministère pour que ces informations soient accessibles.
Le département de la Justice défend sa procédure en invoquant la protection de la vie privée et la sécurité des victimes, soulignant que certaines expurgations visent à éviter d’identifier des tiers non impliqués. Toutefois, Ro Khanna et Thomas Massie soutiennent que de nombreux noms masqués ne correspondent pas à des victimes, mais à des hommes puissants dont les interactions avec Epstein, bien que ne constituant pas nécessairement des preuves de culpabilité, relèvent de l’intérêt public. Ces nouvelles données complètent les récentes exhumations de notes du FBI qui continuent de préciser l’ampleur du réseau relationnel de Jeffrey Epstein.
