Dakar,30 mars(SL-INFO) – À travers le rêve prophétique de Youssouf, le Coran nous offre bien plus qu’un récit : une clé de lecture profonde de la nature humaine. Le soleil, la lune et les étoiles n’y sont pas seulement des éléments célestes, mais peuvent être compris comme les symboles d’une réalité spirituelle plus vaste.

« Quand Joseph dit à son père : “Ô mon père, j’ai vu [en songe] onze étoiles, ainsi que le soleil et la lune ; je les ai vus prosternés devant moi.”» (Sourate 12, verset 4)

Plus tard, le sens de cette vision s’accomplit :

« Et il éleva ses parents sur le trône, et tous tombèrent devant lui, prosternés. Et il dit : “Ô mon père, voilà l’interprétation de mon rêve de jadis. Allah l’a bel et bien réalisée…” » (Sourate 12, verset 100)

Ce rêve véridique peut être lu comme une représentation symbolique :

  1. le père, prophète, tel un soleil porteur de lumière ; 
  2. la mère, en alliance avec le père, semblable à la lune avec le soleil, qui reçoit cette lumière et la rend visible dans l’obscurité. 
  3. les onze frères, à l’image des étoiles, multiples et dispersés, comme les hommes sur la Terre. 

Appliqué à l’Islam, le rêve de Youssouf éclaire l’humanité d’un jour nouveau.

Le Prophète Muhammad (PSL) est tel le Soleil, porteur de la Lumière divine. Cette image éclaire d’un jour nouveau le rôle de sa famille et de ses compagnons. Car, comme la lune vis-à-vis du soleil, ils ont fait alliance avec le Prophète (PSL) — une bay‘a de fidélité, d’engagement et de transmission.

Ainsi, la lumière prophétique ne disparaît pas : elle se prolonge, réfléchie et portée par ceux qui lui ont prêté allégeance. Les compagnons, tels la lune, ne reflètent pas tous cette lumière avec la même intensité. Comme les phases du croissant lunaire, ils manifestent des degrés différents : parfois discrets comme un fin croissant, parfois éclatants comme la pleine lune. Les plus éminents d’entre eux — Abū Bakr, ʿUmar, ʿUthmān et ʿAlī — apparaissent ainsi comme des pleines lunes, illuminant la nuit avec une clarté exceptionnelle.

Quant aux humains en général, à l’image des étoiles, ils ne brillent pas tous avec la même intensité. Certaines se contemplent et guident les voyageurs : elles évoquent ces hommes et femmes d’exception — savants, pieux, awliyā’ — dont les cœurs sont éclairés et qui deviennent, à leur tour, des repères dans les nuits sans lune.

Le Coran lui-même éclaire ce mystère : « ( 35 ) Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat; son combustible vient d’un arbre béni: un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient. ( 36 )  Dans des maisons [des mosquées] qu’Allah a permis que l’on élève, et où Son Nom est invoqué; Le glorifient en elles matin et après-midi, ( 37 )  des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la Salât et de l’acquittement de la Zakât, et qui redoutent un Jour où les cœurs seront bouleversés ainsi que les regards. »(Sourate An-Nūr, 24:35-37)

La lumière divine ne se contente pas d’éclairer le monde : elle habite les cœurs qui se tournent vers elle. Ceux qui prient, qui donnent, qui se souviennent d’Allah deviennent, à leur mesure, des astres dans la nuit humaine.

À l’inverse, lorsque cette lumière se retire, le cœur s’assombrit. L’image cosmique nous aide ici encore : certaines étoiles massives, en fin de vie, s’effondrent sur elles-mêmes et deviennent des zones d’absorption totale, où même la lumière ne peut subsister. De la même manière, un cœur privé de lumière peut entraîner d’autres cœurs dans son obscurité. C’est pourquoi le Coran appelle à une clarté de position : « À vous votre religion, et à moi ma religion. » (Sourate Al-Kāfirūn). Non pas dans un esprit de rupture, mais de lucidité : préserver sa lumière demande vigilance.

Dès lors, une question s’impose : et si les hommes étaient eux-mêmes des astres terrestres ? Et si, depuis les cieux, les anges contemplaient l’humanité comme nous contemplons le ciel nocturne — distinguant les cœurs lumineux de ceux plongés dans l’ombre ? Devenir une étoile terrestre n’est pas un privilège réservé à quelques-uns : c’est une possibilité offerte à chacun, simplement par le Coran, la Salāt, la Zakāt

Chers lecteurs, cela fait plusieurs semaines que nous explorons ensemble le miracle qu’est la Salāt. Notre bien-aimé Prophète (PSL) a transmis un message complet, porté avec fidélité par ses compagnons puis par les savants.

Pour ma part, je ne suis, comme vous, qu’un aspirant à devenir une étoile terrestre. Par la grâce d’Allah, j’ai entrevu que l’invisible (ghayb) n’est pas une réalité abstraite : c’est une dimension qui dépasse nos sens, mais qui éclaire pourtant nos existences. Allah ne nous a pas laissés seuls face à cette immensité. Il nous a donné des repères : le Coran, la Salāt, les mosquées, et le repentir sincère comme ultime retour.

Comme nous le savons, le Coran est semblable à la lumière du Soleil : il peut aveugler celui qui y plonge son regard sans préparation. Et si un profane contemple le Soleil avec aisance, c’est peut-être que celui-ci est déjà entré dans le crépuscule. La sunnah évoque le lever du soleil à l’Ouest comme un signe ultime marquant la fin du temps du repentir. Dans l’ouvrage 13.7 — Le code de l’Univers crypté dans la prière musulmane : la Salāt, je propose une lecture symbolique selon laquelle les grands prophètes — les ouloul ‘azm — peuvent être compris comme des aubes successives pour l’humanité.

Dans cette perspective, le retour de ʿĪsā (Jésus), paix sur lui, peut être vu comme un mouvement singulier : celui d’une lumière qui revient sur ses pas. Une image qui, sans prétendre à une équivalence doctrinale, peut être rapprochée du symbole du soleil se levant à l’Ouest — figure d’un renversement ultime.

Étoile lumineuse ou étoile pâlissante, il est encore temps de revenir à la lumière par le repentir. Car le Coran appelle à la lumière: « Ô vous qui avez crurepentez-vous à Allah d’un repentir sincère. »

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *