Dakar, 19 fév (SL-INFO) – La tension reste vive dans la métropole lyonnaise, quelques jours après le drame qui a coûté la vie à un jeune militant. Alors que l’enquête judiciaire progresse rapidement avec plusieurs interpellations, l’édile de la ville tente de désamorcer une situation jugée explosive en sollicitant l’intervention directe de l’État pour la journée de samedi.
Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a officiellement demandé à la préfecture du Rhône d’interdire la marche prévue ce samedi 21 février. Ce rassemblement, organisé en hommage à Quentin Deranque, un militant nationaliste de 23 ans décédé la semaine dernière, est perçu par la municipalité comme un vecteur de risques majeurs pour l’ordre public.
**Une crainte de débordements importés**
Pour justifier cette demande d’interdiction, l’élu écologiste met en avant un « risque réel de débordements violents ». Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, la municipalité s’inquiète particulièrement de la composition des cortèges attendus. Grégory Doucet évoque la présence probable de militants d’extrême droite provenant non seulement de toute la France, mais également de « pays frontaliers ».
Au-delà du risque d’affrontement direct, le maire pointe des menaces explicites ciblant des élus et des dégradations récentes de permanences parlementaires. Dans ce contexte, il estime que l’interdiction constitue « la seule décision responsable » pour garantir la sécurité des biens et des personnes. Les organisateurs, par la voix d’Aliette Espieux, tablaient sur une mobilisation de 2 000 à 3 000 personnes, assurant ne pas vouloir « en découdre ».
**L’enquête remonte vers la sphère politique**
Cette demande administrative intervient alors que le volet judiciaire de l’affaire connaît une accélération notable. Onze personnes ont été placées en garde à vue suite à des opérations menées dans plusieurs départements, dont le Rhône et la Drôme. Sept d’entre elles sont poursuivies pour des chefs graves, incluant « homicide volontaire » et « violences aggravées ».
Cependant, c’est le profil de certains suspects qui retient l’attention et accentue la dimension politique du dossier. Parmi les interpellés figurent un ancien stagiaire du député de La France insoumise (LFI) Raphaël Arnault, ainsi que deux assistants parlementaires. L’un de ces assistants, Jacques-Elie Favrot, a reconnu via son avocat sa présence sur les lieux et des violences, tout en niant être l’auteur des coups fatals.
**Un climat national sous surveillance**
L’affaire dépasse désormais largement le cadre lyonnais. Le président Emmanuel Macron, bien qu’en déplacement officiel en Inde, a fait savoir qu’il suivait la situation « de près » et a appelé à éviter tout engrenage de la violence. Parallèlement, le climat se détériore pour les élus LFI, dont plusieurs affirment recevoir des menaces. Le siège parisien du mouvement a même dû être évacué brièvement mercredi suite à une alerte à la bombe.
