Dakar, 9 fév (SL-INFO) – L’inquiétude grandit autour du sort des 18 supporters sénégalais actuellement en détention provisoire au royaume chérifien. Alors que l’audience est attendue dans les prochains jours, la défense fait état d’une situation procédurale bloquée qui compromet la tenue normale du procès et l’accès aux droits fondamentaux des prévenus.
La date du 12 février, initialement fixée pour l’ouverture du procès, semble désormais compromise par un contexte social tendu à Rabat. Selon les informations rapportées par Emedia, le mouvement de grève des avocats locaux devrait se prolonger au-delà de cette échéance. Cette paralysie du système judiciaire marocain a des répercussions directes sur le calendrier de l’affaire, laissant les familles et les prévenus dans l’incertitude. Au-delà de cet aléa logistique, Me Patrick Kabou, avocat à la Cour constitué pour la défense des 18 compatriotes, dénonce une opacité totale sur le fond du dossier. L’avocat affirme ne disposer, à ce stade, d’aucun accès à la procédure écrite. Cette absence de documents empêche la préparation technique de la défense face aux charges qui pèsent sur les supporters.
La situation décrite par le conseil inclut également une rupture de contact avec les prévenus. Me Kabou signale qu’il lui est impossible de communiquer avec ses 18 clients, une entrave qui isole davantage les détenus à l’approche de l’audience. Plus préoccupant encore, l’avocat rapporte être physiquement empêché d’accéder au Tribunal de première instance de Rabat, une restriction qui s’applique également à d’autres ressortissants sénégalais présents sur place. Pour Me Kabou, l’accumulation de ces obstacles — absence de dossier, incommunication avec les clients et interdiction d’accès au tribunal — constitue une violation manifeste des droits de la défense. Il estime que les conditions actuelles ne permettent pas d’offrir les garanties minimales d’un procès équitable pour les 18 supporters.
