Dakar, 25 mars(SL-INFO) – Ou sont-ils passés ? Ceci n’est pas une simple interrogation. C’est devenu un refrain, une rengaine pour de nombreux Sénégalais, qui cherchent aujourd’hui, la trace des universitaires pétitionnaires, des intellectuels et artistes, contributeurs réguliers dans les journaux. Nous avions fini par nous familiariser à ces plumes, ces auteurs acerbes et sans gants, grands défenseurs de l’opposition d’alors. Avant l’avènement du Jub Jubbel Jubanti, les médias nationaux, bouillonnaient d’écrits de ces célèbres concitoyens, que nul ne pouvait soupçonnait de parti-pris. Des publications au vitriol, pour clouer au pilori, l’action du Président Sall. Felwin Sarr, Boubacar Boris Diop, Mohamed Mbougar Sarr, d’un côté, les universitaires pétitionnaires d’un autre mais également l’artiste, auteur-compositeur, Didier Awadi au milieu de toute cette pléiade de productions.
Ces articles et missives avaient un seul et même dénominateur : peindre un tableau peu reluisant du régime sortant. A quelles fins ? Avec le recul et au regard de l’évolution des choses dans ce pays, on ne peut s’empêcher de croire à un tir groupé, de la part de cette caste d’intellos et du chanteur, pour précipiter la chute du Président Sall. Une véritable entreprise de diabolisation et de destruction de l’œuvre d’un homme, qui, sans conteste, aura plus contribuer que tous ses prédécesseurs, dans le développement socio-économique du pays.
Si nous sommes interpellés aujourd’hui par la forte présence médiatique de ses grands hommes de culture à l’époque, c’est surtout dû au fait que depuis l’installation du nouveau régime, nous ne les entendons plus sur les questions d’intérêt national. Ils semblent tous, donner leurs langues au chat, comme s’il leur était interdit de se prononcer. Silence complice ? Estiment-ils que tout fonctionne normalement ? Que le pays effectue un bond en avant depuis qu’il est tombé dans l’escarcelle du duo Diomaye-Sonko ? Qu’il n’y a pas eu mort d’homme à l’université et que les franchises n’ont pas été violées lors des derniers mouvements estudiantins ? Que la commercialisation de l’arachide, des produits horticoles…se passe bien ? Que le rythme d’endettement et les taux appliqués à notre pays sont soutenables? Que les libertés ne sont pas restreintes ? Qu’ils ne s’opèrent pas une guerre fratricide au sommet de l’Etat…
Pour moins que ce spectacle auquel nous assistons depuis deux ans, l’essayiste Boubacar Boris Diop, le philosophe Felwine Sarr et l’écrivain lauréat du prix Goncourt Mohamed Mbougar Sarr se dressaient contre un «climat politique empoisonné par une hubris présidentielle et une brutale fermeture de l’espace politique».
En soi, ce n’était pas une mauvaise chose, d’attirer l’attention, de prendre part au débat public pour se mettre du côté du peuple. Malheureusement ce n’était qu’un leurre de leurs parts. Ils participaient à dérouler le plan de l’opposition. Sinon, pourquoi, après deux années difficiles du nouveau régime, ils se taisent encore, sans jamais prendre fait et cause pour la justice et rester
aux côtés des citoyens, pour la vérité en toutes circonstance.
Mbougar, Boris et Felwin ont-ils pour seul guide une conscience patriotique et seule référence la vérité? Leur vérité, à nos yeux, ne semble pas être celle qui est commune à tout le monde. Elle se révèle à géométrie variable. Au lieu de nommer avec courage, impartialité et sérénité, les maux que vivent, en ce moment, notre Sénégal, les trois mousquetaires observent un mutisme bruyant et gênant. L’histoire retiendra que ces intellectuels, aphones aujourd’hui, ont contribué à donner plus de puissance et de force à la machine manipulatrice et destructrice de Pastef.
A leurs côtés, Didier Awadi, figure historique du hip hop made in Galsen, se proposait de rendre compte de façon continue, à son ami Ndiaye, installé au Canada. Sa ligne s’apparente, manifestement, à celle du trio, car consistant à narrer les imperfections d’un pouvoir politique, tout en faisant la part belle à son opposition. Ses lettres dans les réseaux sociaux étaient, à la fois, drôles et critiques. Sous le couvert d’une fausse distance de l’arène politique, Didier Awadi avait donc trouvé, avec ses correspondances à Ndiaye du Québec, un moyen pertinent de faire entendre sa voix, au nom des sans voix. Sauf que, celle-ci s’est éteinte, dès que le régime a changé. Pour quelle raison ? Ndiaye n’est il plus de ce monde ? Le rappeur était-il en mission commandée? Le constat aujourd’hui est que tous ceux qui s’insurgeaient, jadis, contre la gestion de Macky Sall, sont devenus sans voix, en dépit de toutes les difficultés auxquelles sont confrontés les Sénégalais.
En attendant que toutes ces sommités se décident à reprendre la plume au bénéfice des Sénégalais et de leurs intérêts, l’actualité est à la candidature du Président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Onu. Vont-ils la soutenir ? Cela reviendrait, naturellement, à soutenir le Sénégal et l’Afrique, en faisant fi des clivages politiques. Car son élection ferait de Dakar un hub diplomatique majeur et renforcerait l’image du pays à l’international. C’est pourquoi, soutenir Macky Sall dans cette ambition ne serait pas, pour Boris, Felwin, Mbougar, Awadi et les universitaires pétitionnaires, un acte d’allégeance, mais plutôt un choix patriotique et panafricain. Car, malgré les divergences, il est du devoir de chaque Sénégalais, au-delà des débats internes, de donner un coup de pouce à une candidature qui, à coup sûr, portera haut le drapeau national et le continent sur la scène mondiale.
