Dakar , 09 avril (SL-INFO) La capitale pakistanaise s’est transformée en forteresse à l’approche du week-end. Après plusieurs semaines d’une escalade militaire ayant paralysé une partie des routes énergétiques mondiales, les délégations de deux puissances rivales convergent vers Islamabad pour entamer des discussions cruciales sous l’égide du gouvernement local.

Six semaines exactement après les frappes coordonnées ayant coûté la vie au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et déclenché un conflit régional meurtrier, les officiels des États-Unis et de l’Iran s’assoient à la table des négociations ce samedi. Ces pourparlers interviennent dans le sillage d’une trêve de deux semaines obtenue grâce à la médiation du Pakistan.

Les rencontres se dérouleront à l’hôtel Serena, situé dans la zone rouge d’Islamabad, un périmètre entièrement bouclé par les forces de sécurité. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et son ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar assureront la facilitation entre les deux délégations, qui siégeront dans des pièces séparées.

La représentation américaine sera dirigée par le vice-président JD Vance, accompagné de l’envoyé spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner. La présence de JD Vance marque un niveau d’engagement diplomatique rare à Islamabad, la dernière visite d’un vice-président américain remontant à 2011, dans un pays où le poste d’ambassadeur des États-Unis est actuellement vacant. Côté iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi mèneront les discussions.

Sur le fond, les positions de départ révèlent un écart considérable. L’exigence centrale posée par Washington, qualifiée de non négociable par la Maison Blanche, porte sur la reddition par l’Iran de l’intégralité de son stock d’uranium enrichi. En face, la délégation iranienne s’appuie sur une proposition en dix points exigeant notamment la supervision du détroit d’Ormuz et le retrait des forces de combat américaines du Moyen-Orient.

Un autre obstacle immédiat pèse sur ces échanges : la situation au Liban. Suite aux récents bombardements israéliens ayant fait plus de 200 morts mercredi, la diplomatie iranienne a averti que Téhéran pourrait se retirer du cessez-le-feu si ces frappes se poursuivent. Abbas Araghchi a indiqué que Washington devait choisir entre la trêve et la poursuite des hostilités via Israël. Une lecture formellement rejetée par JD Vance, qui a affirmé que les termes de la pause militaire ne couvraient pas le territoire libanais.

Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, le manque de confiance mutuelle reste le principal défi de ce sommet. Les analystes consultés par la chaîne soulignent par ailleurs que l’absence d’Israël, acteur central du conflit en cours, constitue une limite structurelle majeure à l’élaboration d’un règlement définitif à court terme.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *