Dakar , 10 fév (SL-INFO) – Une séquence de haute tension politique vient de secouer le 10 Downing Street. Alors que les révélations concernant les liens entre l’ancien ambassadeur Peter Mandelson et le financier déchu Jeffrey Epstein s’accumulent, le Premier ministre britannique Keir Starmer a dû faire face, ce lundi, à une offensive interne majeure. La pression, montée d’un cran avec l’appel explicite à la démission lancé par une figure centrale du parti, a contraint l’exécutif à une réaction immédiate pour éviter l’effondrement du gouvernement travailliste.

L’élément déclencheur de cette crise politique réside dans la prise de position publique d’Anas Sarwar, leader du Parti travailliste écossais. Lors d’une conférence de presse tenue lundi après-midi, ce dernier a confirmé avoir contacté Keir Starmer pour lui signifier qu’il était temps de quitter ses fonctions. « J’ai parlé au Premier ministre plus tôt aujourd’hui, et je pense qu’on peut dire que lui et moi n’étions pas d’accord », a déclaré Sarwar, estimant que « trop d’erreurs » avaient été commises dans la gestion du dossier Mandelson et que « la distraction doit cesser ». Cette rupture au sommet fait suite à la diffusion de nouveaux documents par le département de la Justice des États-Unis. Ces archives révèlent que Peter Mandelson, nommé ambassadeur aux États-Unis par Starmer, avait maintenu des relations étroites avec Jeffrey Epstein bien après la condamnation de ce dernier en 2008 pour sollicitation de mineurs. Les documents suggèrent des échanges financiers et le partage d’informations sensibles durant la crise financière de 2008-2009. Une situation qui rappelle la complexité des réseaux du financier, dont les connexions internationales continuent d’être exhumées, comme en témoignent certaines notes du FBI récemment analysées.

Face à la menace d’une révolte généralisée, le cabinet de Keir Starmer a opéré un verrouillage rapide. Angela Rayner, vice-Première ministre, a été la première à initier le mouvement de soutien, affirmant sur le réseau social X que « la pire réponse possible serait de jouer à des jeux de factions ». Elle a été suivie par la quasi-totalité des ministres, dont Wes Streeting, secrétaire à la Santé, mettant fin de facto à ce que la source Al Jazeera qualifie de « coup d’État qui n’a jamais eu lieu ». Devant plus de 400 députés et pairs du parti réunis lundi soir, le Premier ministre a affiché sa détermination. « J’ai gagné tous les combats que j’ai menés. Je ne suis pas prêt à renoncer à mon mandat et à ma responsabilité envers mon pays », a-t-il martelé, refusant de laisser le Royaume-Uni plonger « dans le chaos ». Keir Starmer a toutefois reconnu publiquement avoir commis une erreur en nommant Mandelson, précisant qu’il ignorait « la profondeur et la noirceur » de cette relation.

Si le chef du gouvernement conserve son poste, son entourage immédiat a payé le prix fort. Morgan McSweeney, son chef de cabinet, a démissionné dimanche en assumant la « pleine responsabilité » du conseil de nomination de Mandelson. Il a été suivi lundi par Tim Allan, directeur de la communication, qui quitte ses fonctions après seulement cinq mois. Ces départs interviennent dans un contexte électoral difficile pour le Labour, menacé en Écosse par le SNP et sur sa droite par la montée du parti Reform UK de Nigel Farage.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *