Dakar , 09 avril (SL-INFO) À l’approche de l’hivernage 2026-2027, les autorités régionales de Kédougou tirent la sonnette d’alarme face aux risques climatiques croissants. Réunis en Comité régional de développement (CRD), les acteurs territoriaux et techniques ont examiné les prévisions hydrométéorologiques et dressé un état des lieux préoccupant des impacts déjà enregistrés, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’habitat.

Selon la Direction régionale du développement rural (DRDR), une saison des pluies globalement humide est attendue, avec des écoulements moyens à excédentaires dans le bassin du fleuve Gambie. Cette situation fait craindre des crues importantes et des débordements dans plusieurs localités riveraines.

L’alerte lancée par la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (DGPRE) en septembre 2025 illustrait déjà cette tendance. À cette date, le niveau du fleuve avait dépassé la cote d’alerte fixée à 7,00 mètres pour atteindre 7,08 mètres, signe d’une pression hydrologique inhabituelle et potentiellement dangereuse.

Des centaines d’hectares de cultures dévastés

Le secteur agricole apparaît comme l’un des plus durement touchés. Les services techniques font état de 613 personnes impactées, pour une superficie totale de 548,75 hectares de cultures endommagées.

Dans le détail, le département de Kédougou concentre la majeure partie des pertes avec 449,75 hectares, contre 99 hectares pour le département de Saraya. Les spéculations les plus affectées sont le maïs — principale culture de la zone — ainsi que l’arachide, le riz et le niébé, souvent associés à des cultures maraîchères.

À ces pertes s’ajoutent des dégâts sur les plantations pérennes. Un exploitant a notamment vu son verger entièrement détruit par les eaux, perdant ainsi 80 pieds de manguiers ; un coup dur pour la production fruitière locale.

Des habitations et commerces touchés à Saraya

Au-delà de l’agriculture, les inondations ont également impacté les habitations et les activités économiques. Le bilan fait état de 20 sinistrés, tous localisés dans le département de Saraya. Les dégâts concernent principalement des cases d’habitation, des boutiques, des magasins et des salons de coiffure, mettant en évidence la vulnérabilité des infrastructures face aux fortes pluies.

Urgence, anticipation et résilience

Face à ces constats, les autorités appellent à une mobilisation urgente pour renforcer les mesures préventives. Le curage des canaux, le désensablement, l’entretien des ouvrages hydrauliques et la sensibilisation des populations sont autant d’actions prioritaires pour limiter les futurs dégâts.

Dans une région où l’hivernage rime de plus en plus avec risques majeurs, ce CRD sonne comme un avertissement : sans une anticipation renforcée, les impacts humains, économiques et environnementaux pourraient s’aggraver lors des prochaines saisons.

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