Dakar, 26 fév (SL-INFO) – La tension est de nouveau palpable dans le sud-ouest de la Syrie. Selon les médias locaux, une trentaine de véhicules militaires israéliens ont pénétré mercredi dans la province de Quneitra, située sur le plateau du Golan, marquant une nouvelle violation de la souveraineté syrienne dans une région déjà sous haute surveillance.

D’après la chaîne Al-Ikhbariah TV, le convoi a été observé dans la zone de Tel al-Ahmar, près du village d’Ain Ziwan, où l’armée israélienne aurait mené des opérations de fouille. Parallèlement, l’agence de presse officielle Sana a rapporté que les forces israéliennes avaient enlevé un jeune berger syrien près du village de Bariqa et qu’une incursion plus brève de trois véhicules avait eu lieu dans la ferme d’Abu Madharah.

Ces incidents s’inscrivent dans une escalade notable des interventions israéliennes depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024. Les violations territoriales, autrefois ponctuelles, sont devenues plus fréquentes et audacieuses, incluant des raids aériens, des détentions de civils et la destruction de terres agricoles. Selon les données de l’ACLED, plus de 600 attaques (aériennes, par drone ou artillerie) ont été menées par Israël en Syrie au cours de l’année 2025, soit une moyenne de deux par jour.

Le plateau du Golan, dont Quneitra fait partie, est reconnu par les Nations Unies comme un territoire syrien. Israël en a annexé une partie en 1967. Un accord de désengagement signé en 1974 avait instauré une zone tampon démilitarisée sous contrôle de l’ONU. Cependant, après le changement de régime à Damas, Israël a déclaré cet accord caduc et a commencé à occuper cette zone, y installant des points de contrôle militaires.

Cette démonstration de force survient dans un contexte diplomatique paradoxal. Damas et Tel-Aviv mènent des pourparlers intermittents qui ont abouti en janvier à la création, sous supervision américaine, d’un mécanisme conjoint de partage de renseignements et de désescalade militaire. Le gouvernement syrien réaffirme son attachement à l’accord de 1974, mais estime que la poursuite des violations par Israël entrave toute stabilisation durable. Pour Damas, une paix pérenne reste conditionnée à un calendrier de retrait clair et vérifiable des troupes israéliennes des territoires syriens.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *