Dakar, 06 fév (SL-INFO) – La gestion des ressources en eau dans le bassin du fleuve Sénégal se heurte à une réalité complexe. Si les initiatives se multiplient de part et d’autre de la rive, l’efficacité opérationnelle reste souvent entravée par des barrières structurelles. Réunis ce week-end à Ourossogui, des acteurs sénégalais et mauritaniens ont mis à plat les mécanismes actuels pour tenter de résoudre l’équation de la coordination transfrontalière.

**Des obstacles identifiés malgré l’abondance des projets**

L’atelier, piloté par un consortium d’Organisations non gouvernementales comprenant Le Partenariat, Ados (Association Ardèche Drôme Ourossogui Sénégal) et le Grdr, part d’un constat paradoxal. Alors que les programmes en faveur de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) foisonnent, portés tant par des politiques nationales que par des institutions internationales, la mise en œuvre concrète peine parfois à suivre.

Selon les éléments relayés par Sud Quotidien, trois facteurs principaux compromettent l’efficacité de ces actions communes. Les participants ont pointé du doigt les divergences de législation qui subsistent entre le Sénégal et la Mauritanie, rendant l’application des projets laborieuse. À cela s’ajoutent la complexité du déploiement des ressources humaines sur le terrain et les défis récurrents liés à la mobilisation des financements.

**Vers une logique d’intervention commune**

L’objectif de cette rencontre à Ourossogui était précisément de dépasser le stade du constat pour harmoniser les méthodes. Pour les organisateurs, il est impératif de capitaliser sur les expériences existantes pour ne plus naviguer à vue.

Abdoul Aziz Faye, coordinateur de l’antenne de l’ONG Le Partenariat à Matam, a insisté sur la nécessité de définir une « stratégie la plus appropriée pour adopter une logique d’intervention commune ». Une position rejointe par Rachelle Nodin, directrice de l’association Ados, qui plaide pour une méthodologie d’action unifiée. L’enjeu est de transformer des initiatives éparses en une force de frappe cohérente sur les deux rives du fleuve.

**Le défi de l’échelle locale**

La complexité réside également dans l’articulation entre les grandes directives du bassin et les réalités locales. Si le programme GIRE est conçu pour l’ensemble du bassin du fleuve, sa déclinaison au niveau communal reste délicate. Les contextes spécifiques de chaque commune, qu’elle soit sénégalaise ou mauritanienne, imposent des ajustements constants.

Tafsir Baba Anne, adjoint au gouverneur en charge du développement, a ouvert les travaux en rappelant l’importance du Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) de l’OMVS. Toutefois, les échanges ont mis en lumière que les enjeux de l’eau dépassent souvent la seule échelle des collectivités locales, nécessitant impérativement cette approche concertée transfrontalière pour concilier les besoins en eau potable, l’agriculture et la préservation des écosystèmes.

Les travaux de groupe ont permis de dégager des pistes sur trois axes : la conception et le financement des projets, la gouvernance de la GIRE, et l’amélioration des services d’eau et d’assainissement. Cette mutualisation des pratiques vise désormais à contourner les freins administratifs et techniques identifiés.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *