Dakar, 09 mars (SL-INFO) – Dans un entretien accordé à l’Observateur ce lundi 09 mars 2026, Ousmane Kane, juriste international et ancien haut fonctionnaire au Secrétariat des Nations Unies, analyse l’offensive diplomatique africaine visant à porter l’ancien président sénégalais au sommet de l’organisation mondiale. Pour l’expert, le Sénégal joue ici son prestige international. 

Alors que la candidature de Macky Sall a été officiellement déposée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, Ousmane Kane y voit un signal fort : « Macky Sall apparaît comme le seul candidat africain clairement positionné, ce qui peut progressivement le placer dans une position de point de ralliement pour plusieurs pays du continent ». Il rappelle toutefois que si n’importe quel État membre peut parrainer un candidat, le moteur principal reste la diplomatie du pays d’origine.

Face aux critiques de certains responsables du parti au pouvoir ou de la société civile, l’ancien conseiller juridique de Kofi Annan appelle à la hauteur de vue. Tout en reconnaissant la légitimité du débat démocratique, il avertit que « les divisions apparaissent trop visibles ou trop politisées […] peuvent parfois être interprétées comme un manque de cohésion nationale ». Selon lui, cette élection relève de la raison d’État : « cette candidature dépasse le cadre du débat politique interne ».

Interrogé sur les chances de succès, Ousmane Kane met en avant l’expérience de terrain de l’ancien président, notamment sa médiation durant la crise ukrainienne et la pandémie de COVID-19. Il souligne que « la capacité à maintenir le dialogue entre des acteurs opposés devient une qualité essentielle pour diriger l’ONU », particulièrement dans un contexte de tensions entre les grandes puissances du Conseil de sécurité.

L’expert exhorte enfin l’actuel chef de l’État, Diomaye Faye, à sortir de son silence pour soutenir officiellement son prédécesseur. « Le Sénégal ne peut pas rester longtemps silencieux lorsqu’un de ses ressortissants est en position de briguer la fonction de Secrétaire général de l’ONU», martèle-t-il, avant d’ajouter que «les grandes nations se reconnaissent à leur capacité de dépasser les clivages politiques lorsque l’intérêt supérieur du pays est en jeu ».

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