Dakar , 10 avril (SL-INFO) Les délégations américaine et iranienne se retrouvent ce samedi à Islamabad pour des pourparlers sous la médiation du Pakistan. Ces discussions interviennent six semaines après le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, et s’inscrivent dans le sillage d’un cessez-le-feu temporaire de deux semaines obtenu par la diplomatie pakistanaise.
Le cadre de ces échanges a été minutieusement organisé. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les deux délégations logeront au Serena Hotel d’Islamabad mais ne se croiseront à aucun moment. Les négociations se dérouleront selon le format des « pourparlers de proximité » : les représentants siégeront dans deux pièces séparées, tandis que des officiels pakistanais feront la navette pour transmettre les messages entre les deux parties.
L’objectif fixé par Islamabad se veut modeste et réaliste. Les autorités pakistanaises cherchent principalement à trouver un terrain d’entente suffisant pour que le dialogue se poursuive au-delà de cette rencontre. Le vice-président américain JD Vance, qui a quitté Washington vendredi pour diriger l’équipe américaine, est accompagné du négociateur en chef du président Donald Trump, Steve Witkoff, et de Jared Kushner. Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf sont attendus pour mener la délégation.
Le contexte régional pèse toutefois lourdement sur la tenue de ces échanges, le Liban constituant la principale menace immédiate pour les négociations. À la suite des bombardements israéliens ayant visé Beyrouth et le sud du Liban peu après l’annonce de la trêve initiale, l’Iran a averti que la poursuite de ces attaques viderait les discussions de leur sens. Le ministre iranien des Affaires étrangères a explicitement indiqué que Téhéran pourrait se retirer totalement du cessez-le-feu si les frappes se maintenaient.
La portée géographique de cette trêve fait d’ailleurs l’objet d’interprétations opposées. Si le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a affirmé que l’accord de cessez-le-feu couvrait l’ensemble de la région, y compris le territoire libanais, Washington défend une lecture différente. Le vice-président JD Vance, appuyé par le président Donald Trump, a déclaré que le Liban n’était pas inclus dans les termes de l’accord de suspension des hostilités.
Au-delà du dossier libanais, les exigences fondamentales des deux camps restent éloignées. La partie américaine exige des restrictions vérifiables sur le programme nucléaire iranien, incluant des limites sur l’enrichissement et le retrait des matières stockées. En retour, Téhéran réclame la levée totale des sanctions, la reconnaissance officielle de son droit à l’enrichissement d’uranium et des compensations financières pour les dommages liés au conflit. Le contrôle et la sécurité du détroit d’Ormuz, voie de transit stratégique, figurent également au centre des enjeux à aborder.
