Dakar , 24 fév (SL-INFO) – La pression diplomatique s’intensifie autour du mandat de la rapporteure spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. Alors que le gouvernement français a formellement demandé son retrait, une mobilisation parlementaire internationale s’organise pour défendre l’indépendance de sa mission.
Des parlementaires membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) ont déposé, le 23 février, une déclaration de soutien en faveur de Francesca Albanese. Cette initiative, portée par la députée française Gabrielle Cathala et plusieurs de ses collègues, vise à contrer l’appel à la démission formulé quelques jours plus tôt par Jean-Noël Barrot, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères. Selon l’agence Anadolu, le texte réunit des signataires issus de onze pays, dont la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Türkiye. Les élus signataires estiment que les analyses de l’experte onusienne, qui a notamment documenté les violations du droit international à Gaza, s’inscrivent dans un cadre strictement légal. Ils dénoncent les positions de la France, de l’Allemagne et de l’Italie, considérant que demander le départ d’une rapporteure fragilise l’indépendance des mécanismes de l’ONU. Ces experts exercent en effet leurs fonctions à titre personnel et sans rémunération, une garantie conçue pour les prémunir contre l’ingérence des États.
La diplomatie française se heurte également à une opposition interne. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), autorité administrative indépendante, a adressé une lettre au ministre Jean-Noël Barrot le 17 février pour exprimer sa vive préoccupation. L’institution demande au gouvernement de renoncer à sa demande de démission, qualifiant cette démarche d’attaque directe contre le système onusien de protection des droits humains. Le différend trouve son origine dans une intervention de Francesca Albanese le 7 février dernier lors d’un forum à Doha. Le ministre français l’avait accusée le 11 février d’avoir tenu des propos assimilant Israël à l’ennemi commun de l’humanité, la qualifiant de militante politique. La rapporteure a publiquement contesté cette formulation. La CNCDH a de son côté conclu que les accusations du ministre reposaient sur une déformation manifeste des déclarations de l’experte. Nommée en 2022, Francesca Albanese a été reconduite dans son mandat en avril 2025 pour une durée de trois ans.
