Dakar, 13 mars(SL-INFO)- Le Sénégal a enregistré des avancées mesurables en matière de planification familiale au cours de la dernière décennie. Toutefois, la pérennisation de ces acquis et l’atteinte des prochaines cibles nationales requièrent une révision des mécanismes de financement. C’est dans ce contexte que la section sénégalaise du Réseau des médias africains pour la santé et l’environnement (Remapsen) a réuni plusieurs experts à Pikine pour examiner les leviers économiques disponibles au niveau local.
Selon les données rapportées par Sud Quotidien, le taux de prévalence contraceptive (TPC) chez les femmes en âge de procréer a connu une progression nette, passant d’environ 12 % en 2012 à 26,5 % en 2023. Parallèlement, les besoins non satisfaits ont reculé, chutant de plus de 30 % à environ 19 %. L’État s’est désormais fixé pour ambition d’atteindre un TPC de 46 % d’ici 2028. Pour y parvenir, les acteurs de la santé estiment que le modèle économique doit évoluer vers une mobilisation accrue des ressources endogènes.
Alassane Baldé, coordonnateur de la section Remapsen Sénégal, a souligné la nécessité d’impliquer davantage les acteurs étatiques et communautaires. L’objectif de cette démarche est de garantir des flux financiers internes capables de soutenir les programmes de Planification Familiale et de Droits et Santé Sexuelle et Reproductive (PF/DSSR) sur le long terme.
L’impact direct de ces investissements sur la mortalité maternelle a été détaillé lors des échanges. S’appuyant sur les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) de 2023, Dieynaba Barry Diack, sage-femme d’État, a précisé que la planification familiale a permis de sauver 1 300 femmes. Elle a rappelé que la poursuite de ces actions de prévention reste strictement conditionnée par la disponibilité des moyens financiers.
La viabilité de ce nouveau modèle de financement repose également sur l’appropriation des stratégies par les populations. Mor Talla Seck, sociologue et chargé du plaidoyer à l’ONG AcDev, a mis en évidence le poids économique déjà supporté par les citoyens. L’analyse des fonds nationaux de la santé révèle en effet que les ménages sénégalais contribuent à hauteur de 46 % aux frais globaux liés à la santé. Une donnée qui, selon lui, justifie la mise en place de mécanismes de suivi et de redevabilité impliquant directement les communautés.
