Dakar, 27 fév (SL-INFO) – Pour avoir observé des périodes de «débrayage» et de «grève totale», ce mois de février, les enseignants du système scolaire sénégalais ont subi des ponctions salariales allant jusqu’à 200.000 FCFA, en fonction de leur degrés d’implication dans le mouvement d’humeur. En réponse aux syndicats d’enseignants qui dénoncent du «banditisme d’Etat» et des «ponctions illégales», le ministre de la Fonction publique, du travail et de la réforme du service publique, Olivier Boucal, a admis la réalité et s’est justifié, au cours d’une interview au quotidien L’Observateur.
«Lorsque la prestation de travail n’a pas été assurée sur une période donnée, on ne peut valablement pas parler de paiement de salaire, encore moins de ponction. Le droit de grève reste et demeure un droit fondamental des travailleurs, mais il faut savoir que cet arrêt de travail entraîne également la suspension du salaire correspondant», s’est justifié le ministre, alors qu’il est la cible d’une frange des grévistes, qui l’accuse «d’abus de pouvoir».
En ce qui concerne les enseignants qui n’ont pas participé à la grève et qui auraient subi des ponctions, Olivier Boucal s’est voulu rassurant. «Pour ceux qui auraient indûment fait l’objet d’un paiement de salaire incomplet, alors qu’ils n’ont jamais observé un arrêt de travail dans la période considérée, l’Etat prendra des dispositions pour les rétablir dans leurs droits, lorsqu’ils produiront la preuve attestant qu’ils n’ont jamais cessé de travailler», a rassuré le ministre.
Olivier Boucal a enfin signifié que le gouvernement «n’est pas fermé au dialogue» mais opposé à «la surenchère», ajoutant que «la satisfaction des revendications ne tient pas compte que de la volonté de l’Etat», mais d’un effort «réciproque» et d’une «volonté d’aller vers des consensus durables».
Pour rappel, les enseignants manifestent depuis plusieurs mois pour réclamer, entre autres, «la réparation d’injustices» concernant leurs carrières et retraites, ainsi que règlement de «la lourdeur des processus de promotion et de régularisation des actes administratifs» les concernant. Après les ponctions salariales effectuées, les leaders syndicaux ont menacé de «paralyser» et «d’hypothéquer» les activités pédagogiques.
