Dakar , 09 avril (SL-INFO) Comme l’a révélé Seneweb, la Division spéciale de cybersécurité (DSC) a démantelé un réseau qui proposait des prêts d’argent à des taux usuriers, sans autorisation d’exercer une telle activité et en usant de menaces et pressions en cas de défaut de paiement. L’enquête a permis d’identifier cinq mis en cause.
Ces derniers ont été déférés au Pool judiciaire financier (PJF) pour association de malfaiteurs, escroquerie, collecte illicite et stockage de données personnelles, exercice illégal d’activité de crédit, entre autres chefs. M. Amavi fait partie des mis en cause. Cette Togolaise de 30 ans est la directrice générale de Level Technology, la société derrière les pratiques incriminées.
Lors de son face-à-face avec les enquêteurs, rapporte Libération, elle a déclaré être une prête-nom, que son rôle se limiterait juste à apparaître dans les documents constitutifs de Level Technology. «Elle a soutenu que c’est le nommé F. Simiyu qui gère tout, poursuit le journal. Qu’elle représente la société sans implication directe dans les activités. Elle a aussi déclaré que leur structure ne dispose pas de brevet de la BCEAO l’autorisant à faire des prêts en ligne.»
F. Dimiyu, également arrêté dans le cadre de cette enquête, est officiellement le responsable marketing de Level Technology. Lors de son audition à la DSC, ce Kényan trentenaire a confessé avoir été recruté par «Jerry» et «Jason», les deux Chinois présentés comme les cerveaux du réseau et jusque-là non détectés par les radars policiers. «Il a affirmé qu’il utilisait Facebook pour attirer la clientèle en les invitant à télécharger l’application dans leurs téléphones portables et à remplir le formulaire.»
Libération rapporte que la DSC a recensé 37 385 inscriptions sur la plateforme dédiée aux crédits suspects, «stats-pro.hey-cash.com», et 104 015 demandes de prêt. Le quotidien d’information indique que 79 469 requêtes ont été approuvées et 67 811 crédits décaissés pour 2 milliards 307 millions 435 mille 900 francs CFA. «L’analyse des montants effectivement versés montre que les emprunteurs n’ont réellement perçu que 1,5 milliard de francs CFA, soit une différence de plus de 805 millions, correspondant aux retenues opérées lors des décaissements», pointe la même source.
