Dakar, 18 fév (SL-INFO) – Genève accueille depuis mardi une nouvelle tentative diplomatique pour mettre fin au conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine. Alors que le quatrième anniversaire de l’invasion russe approche, ce troisième cycle de négociations tripartites, impliquant les États-Unis, se déroule dans un climat de paradoxe absolu. D’un côté, les diplomates américains affichent un optimisme mesuré évoquant des avancées dans les discussions à huis clos ; de l’autre, la réalité du terrain, marquée par une intensification des frappes aériennes, semble raconter une toute autre histoire.

Le décalage entre les salons feutrés de Genève et le front est saisissant. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff, a brisé le silence mardi soir pour annoncer des « progrès significatifs ». Dans une déclaration qui attribue ce dynamisme au « leadership du président Trump », le diplomate assure que Moscou et Kiev ont accepté de consulter leurs dirigeants respectifs pour « continuer à travailler vers un accord ». Cependant, aucun détail concret sur la nature de ces progrès n’a filtré, laissant planer le doute sur la résolution des points de blocage historiques.

Les cycles précédents, tenus à Abou Dhabi, avaient échoué à tracer une voie vers la paix, se limitant à des échanges de prisonniers. Le nœud gordien demeure la question territoriale : le Kremlin exige la totalité de la région du Donbas — qu’il n’occupe pas entièrement — tandis que la Constitution ukrainienne et la position de Kiev interdisent formellement toute cession de territoire.

Si Rustem Umerov, le négociateur en chef ukrainien, a salué un « engagement constructif » et la poursuite des travaux en groupes thématiques, le président Volodymyr Zelenskyy s’est montré beaucoup plus sceptique. Dans son allocution nocturne, le chef de l’État ukrainien a mis en balance les promesses diplomatiques et la violence des dernières heures. « Cela montre très clairement ce que veut la Russie et quelles sont ses intentions », a-t-il déclaré, faisant référence aux attaques massives qui ont visé le pays pendant les pourparlers.

Les chiffres fournis par les autorités ukrainiennes illustrent cette dualité. Quelques heures avant l’ouverture des discussions, la Russie a lancé 29 missiles et 396 drones, causant la mort d’au moins quatre personnes et privant d’électricité des dizaines de milliers de foyers dans le sud du pays. D’autres victimes ont été recensées dans les régions de Donetsk et de Zaporijia. Pour le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, ces frappes démontrent « à quel point la Russie méprise les efforts de paix ».

De son côté, Moscou, par la voix de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova, rejette la responsabilité de l’impasse sur Kiev et l’Europe occidentale, accusés de minimiser les négociations. La Russie affirme également avoir repoussé plus de 150 drones ukrainiens au cours de la même période.

L’équation pour les médiateurs reste complexe : il s’agit de trouver une issue négociée qui préserve la souveraineté de l’Ukraine tout en lui offrant les garanties de sécurité à long terme qu’elle réclame, une équation que les bombes continuent de compliquer chaque nuit.

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