Dakar, 12 mars (SL-INFO) – Le marché public n°T0520/22, portant sur 85,5 milliards de francs CFA pour la fourniture d’équipements agricoles et la construction de 120 entrepôts, est au centre d’une vive controverse opposant le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, au titulaire du marché, la société Intermaq 2012 SA. 

Soupçons de surfacturation : l’offensive de Mabouba Diagne 

Lors de son intervention sur la TFM le 9 mars dernier, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a jeté un pavé dans la mare : « On a trouvé qu’il y avait une surfacturation de 12 milliards sur le marché des moissonneuses-batteuses. Quand on a découvert cela, la justice a été activée. » 

Sur cette base, il a justifié la réquisition des machines pour lancer le système « Allo Tracteur » dans la Vallée afin de sauver les récoltes. 

La riposte d’Intermaq : un démenti « ferme et catégorique » 

Face à ces accusations, Intermaq 2012 SA a opposé un démenti catégorique, qualifiant les déclarations ministérielles de « mensongères, infondées et dangereusement irresponsables ». Repris par L’Observateur, le top management de la société rappelle que le marché a suivi un processus de validation rigoureux impliquant l’Arcop, la DCMP et le ministère des Finances. 

L’entreprise souligne également l’incohérence de la position actuelle du ministre : « En apposant sa signature sur cet avenant [en mai 2025], le ministre Diagne a formellement et officiellement confirmé et validé les prix du marché. Accuser aujourd’hui Intermaq de surfacturer les mêmes prix qu’il a lui-même avalisés constitue une contradiction flagrante. »

Guerre des chiffres et blocages administratifs 

La société a révélé une correspondance confidentielle datée du 12 septembre, dans laquelle le ministre sollicitait une réduction de prix drastique. Intermaq a rejeté cette demande en s’appuyant sur le cadre légal : « Cette demande de réduction unilatérale de plus de 50 % est formellement contraire au Code des marchés publics, qui interdit toute modification substantielle des conditions économiques d’un marché en cours d’exécution. » 

Enfin, l’entreprise pointe les défaillances de l’État, notamment sur la construction des entrepôts frigorifiques : « C’est précisément l’inaction du ministère qui a empêché la construction des entrepôts réfrigérés. Le ministre se plaint d’un problème dont son propre ministère est le premier responsable. » 

Ces blocages administratifs et l’absence d’exonérations douanières auraient généré des centaines de millions de frais de stockage au port de Dakar, supportés exclusivement par le titulaire du marché, enfonce Intermaq.

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