Dakar , 23 fév(SL-INFO) – Le Coud annonce la réouverture progressive du campus social à partir de ce jeudi 26 février 2026. A priori, c’est une bonne nouvelle, car le calendrier académique a suffisamment connu de perturbations et de chevauchements pour se payer le luxe de perdre encore des jours. Cependant, cette réouverture, à l’heure actuelle, suscite plus de questions que d’enthousiasme, compte tenu des conditions d’annonce de la reprise.

Certes les étudiants arrêtés ont été libérés, certains sans conditions, d’autres sous contrôle judiciaire. Une mesure vue comme un message d’apaisement. La réouverture du campus est censée aussi intervenir après la baisse de la tension. Toutefois, cette tension pourrait remonter si les préalables ne sont pas pris. Aujourd’hui, il se pose la question de savoir dans quel climat les étudiants reviendront dans le campus.

Est-ce que les discussions ont été faites et le minimum de consensus obtenu pour que la réouverture du campus se fasse dans le calme et la sérénité ? Ou est-ce que les étudiants vont revenir sur le campus pour que les affrontements reprennent quelques jours après leur installation ? A l’heure actuelle, on ne sait pas si l’État va payer les rappels des bourses ou s’il a décidé de camper sur sa position ?

L’opinion ne sait pas non plus si les forces de l’ordre seront retirées du campus ou pas. Or, au vu de la brutalité policière notée lors de la dernière intervention des forces de l’ordre, il est difficile d’envisager une cohabitation pacifique avec les étudiants au sein du campus. Jusqu’ici, les autorités n’ont tenu aucun discours allant dans le sens d’apaiser. Le silence du président de la République et du premier ministre indique à suffisance la volonté de rester ferme sur la question. Sinon, ces hautes autorités se seraient prononcées pour calmer et rassurer.

Le communiqué du collectif des amicales de l’Ucad confirme d’ailleurs cette impression. Elle dénonce « une logique d’imposition de décisions » de la part des autorités. Selon les étudiants, plusieurs rencontres ont eu lieu sans eux, alors que les questions abordées les concernent directement. Pendant ce temps, les amicales restent suspendues à l’UCAD, même si on espère la levée des suspensions juste après la reprise.

Quoi qu’il en soit, cette posture n’est pas de nature à rassurer ni les étudiants, ni leurs parents. Même si ces derniers laissent leurs enfants retourner à l’université, ils le feront avec beaucoup d’inquiétude. En résumé, le ciel reste toujours gris à l’Université. Et l’inquiétude est renforcée par le silence pesant des autorités. Ce qui n’augure rien de rassurant.

Rouvrir le campus c’est bien, mais il faut s’assurer que le calme et la sérénité seront de mise une fois les étudiants de retour dans le campus. Cela passe nécessairement par le dialogue. Or, aucun dialogue pour les étudiants ne saurait se faire sans eux. Autant donc ouvrir tout de suite les canaux de la discussion et anticiper sur les difficultés à venir.

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