Dakar , 09 avril (SL-INFO) Sous l’égide de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), les centrales syndicales ont organisé une marche pacifique ce mercredi à Dakar. Le cortège, qui s’est ébranlé du site du Cerf-volant pour rallier le rond-point Jet d’eau, avait pour objectif d’alerter l’opinion et les autorités sur la détérioration du climat social.
Au cœur de cette mobilisation se trouve le Pacte de stabilité sociale. Ce document, signé avec le gouvernement, devait garantir une trêve de trois ans. Selon les informations relayées par Le Quotidien, les syndicats dénoncent aujourd’hui une application seulement partielle des engagements étatiques. Mody Guiro, Secrétaire général de la Cnts, a souligné que malgré la tenue de concertations, les attentes des travailleurs n’ont pas été comblées. « Nous étions sur une bonne trajectoire, mais nous sommes restés sur notre faim », a-t-il déclaré, appelant à la reprise d’un dialogue social inclusif.
Les revendications exposées lors de cette marche s’articulent autour de plusieurs points de friction. La question des licenciements qualifiés d’injustes est érigée en priorité, les syndicats estimant que les droits des travailleurs ont été bafoués en dépit de tentatives de médiation. Le système de rémunération dans la Fonction publique est également ciblé. Il est décrit comme inéquitable et opaque, marqué par des écarts importants entre des agents occupant des fonctions et ayant des qualifications identiques. Les indemnités, et plus particulièrement celles liées au logement, cristallisent une grande partie de l’insatisfaction.
La grogne s’étend au-delà de l’administration centrale. Les secteurs de l’éducation, de la santé et des transports font face à des revendications persistantes concernant les primes et la pénibilité du travail. Le journal précise que des mouvements d’humeur affectent actuellement des structures stratégiques comme Dakar Dem Dikk et le Port autonome de Dakar (Pad). De plus, la suspension de l’accord d’entreprise à la Rts est pointée comme un facteur aggravant de la situation actuelle.
Face à ces blocages, les organisations syndicales demandent à l’État d’assumer son rôle d’arbitre. Mody Guiro a précisé que cette démarche n’avait aucune connotation politique, se présentant exclusivement comme un relais des aspirations des travailleurs auprès de l’Exécutif.
