Dakar, 13 fév (SL-INFO) – La sardinelle (communément appelé « yaboye » en wolof), ce poisson de base essentiel pour la préparation du plat national du Sénégal le « Thiébou Dieune » (riz au poisson), est menacée d’extinction en raison de la surpêche industrielle, de la demande croissante des usines de farine de poisson et du changement climatique.

Réunis à Dakar ce jeudi, des experts et décideurs de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau ont acté l’urgence de mettre en place une kyrielle de mesures. L’objectif étant de sauver les stocks de sardinelles, piliers de la sécurité alimentaire régionale, aujourd’hui au bord de l’effondrement.

L’heure n’est plus aux simples avertissements, mais à l’action, ont-ils convenu. Car la sardinelle, ce « poisson du pauvre » qui nourrit des millions de foyers en Afrique de l’Ouest, est en train de disparaître. Face à ce constat alarmant, le groupe de travail « recherche-aménagement » de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP) a tranché pour des mesures radicales dont la plus urgente est l’instauration d’un repos biologique rigoureux et coordonné.

Pour Matthieu Bernardon, expert à la FAO, l’idée est simple : « Arrêter la pêche pour un moment » afin de laisser au poisson le temps de se reproduire.

Selon lui, « tout le monde est d’accord sur la période qui correspond entre le mois de septembre et le mois d’octobre en Mauritanie, et mai-juin-juillet pour le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau. Il faut mettre en application ces mesures le plus tôt possible », souligne-t-il, repris par Aps.sn.

Outre le repos biologique, les scientifiques exigent une révision des normes de capture. La taille minimale de capture devrait être fixée à 18 cm. En deçà, le poisson est considéré comme juvénile.

L’expert recommande également d’interdire l’utilisation de sardinelles entières et fraîches pour la fabrication de farine et d’huile de poisson, afin de privilégier la consommation humaine.

L’arrêt de la pêche n’est pas sans conséquences. Pour les millions de personnes qui dépendent de cette filière, notamment les femmes transformatrices et les pêcheurs artisanaux, ces mois d’inactivité seront rudes.

Ainsi, plusieurs solutions ont été discutées par les experts qui préconisent la réorientation des subventions vers des aides directes, la création de fonds de secours et de mutuelles, le soutien à la diversification des activités économiques.

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