Dakar, 25 mars(SL-INFO) – La croissance démographique et l’urbanisation rapide placent les grandes métropoles du continent face à un défi majeur de mobilité. Alors que les réseaux routiers arrivent à saturation, une rencontre internationale organisée à Dakar met en lumière une alternative de transport largement délaissée par les décideurs publics et la recherche académique.

L’information centrale, rapportée par Le Quotidien, souligne que le transport fluvial et maritime constitue le grand oublié des stratégies de mobilité en Afrique. Réunis au Musée Théodore Monod, des chercheurs de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan Cheikh Anta Diop), en partenariat avec la Goethe Universität Frankfurt et le Centre Point Sud de Bamako, ont analysé le potentiel inexploité des « Voies d’eau d’Afrique ».

Peter Lambertz, anthropologue au Centre d’anthropologie culturelle de l’Université de Bruxelles, relève un déséquilibre profond entre les investissements alloués au domaine routier et ceux consacrés aux ressources hydrauliques. Pour illustrer cette situation, le chercheur s’appuie sur les cas de Lagos et de Kinshasa, deux mégapoles régulièrement paralysées par les embouteillages. Dans la capitale congolaise, le fleuve Congo offre une artère qui pourrait relier directement l’aéroport au centre-ville, mais qui demeure sous-exploitée.

Face à ce constat, les spécialistes présents à Dakar préconisent d’écarter les modèles de développement standardisés et importés, qui omettent souvent les réalités géographiques locales. Issa Fofana, co-directeur de Point Sud, identifie une erreur de perception fondamentale à l’origine de ce retard : les cours d’eau et les mers sont perçus exclusivement comme des éléments de la nature, et non comme des infrastructures de transport à part entière.

Notre rédaction note que les experts appellent à réhabiliter les solutions endogènes et les pratiques développées par les acteurs locaux au fil du temps. En redonnant aux voies d’eau le statut d’infrastructure stratégique, le Sénégal et les pays voisins disposent d’un levier matériel pour désengorger leurs axes terrestres et réactiver une navigation historique structurante pour les échanges régionaux.

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