Dakar , 02 avril (SL-INFO) – La consommation de produits frelatés et les failles de la restauration sur la voie publique constituent une urgence de santé publique majeure en Afrique de l’Ouest. Pour endiguer la multiplication des maladies d’origine alimentaire, les autorités sanitaires du Sénégal, du Mali et du Burkina Faso se sont réunies à Dakar afin d’opérationnaliser un système de riposte immédiate et coordonnée.

Le diagnostic posé à l’échelle continentale illustre l’ampleur de la menace. Les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) font état de 91 millions de personnes touchées chaque année en Afrique par des aliments impropres à la consommation, entraînant 137 000 décès. Le continent enregistre par ailleurs une perte d’années de vie en bonne santé estimée entre 5,7 et 7,1 % en raison des pathologies diarrhéiques d’origine alimentaire ou hydrique.

Le Sénégal n’est pas épargné par ces défaillances. Le président du Comité national du Codex Alimentarius, le Pr Amadou Diop, a mis en évidence des vulnérabilités critiques au niveau local : « Nous avons identifié de nombreuses faiblesses liées aux modes de préparation, à la qualité des ustensiles et, surtout, aux problèmes d’accès à l’eau potable sur les sites de préparation. » Le journal Le Quotidien, qui rapporte la tenue de cet atelier sous-régional, rappelle à ce titre la récente contamination survenue à Kaffrine, où des consommateurs ont été intoxiqués par de la mayonnaise commercialisée au marché central.

Face à des systèmes d’inspection souvent inefficients et à des réglementations inadaptées, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’OMS déploient le réseau international d’alerte Infosan. L’objectif de la rencontre de trois jours organisée dans la capitale sénégalaise est de transformer les points focaux des trois pays concernés en véritables sentinelles interconnectées.

Le modèle sénégalais, doté d’un point de contact central et de relais au sein de chaque direction de contrôle équipés d’outils de communication modernes comme des tablettes, servira de référence. Le représentant de la FAO, le Dr Mamadou Ndiaye, précise que cette architecture vise à instaurer une circulation de l’information en temps réel entre Dakar, Bamako et Ouagadougou.

Cette intégration sous-régionale cible autant les produits d’origine végétale qu’animale. La finalité de ce maillage a été résumée par le Pr Diop : « Dès qu’une intoxication est signalée, l’information doit être partagée instantanément via Infosan pour que les autorités compétentes puissent prendre les mesures idoines et retirer les produits dangereux du giron commercial. »

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